OM-Losc : Costauds à la maison, pourquoi les Dogues sont-ils si dociles à l'extérieur ?

FOOTBALL Face à Marseille, samedi, Lille a encaissé sa cinquième défaite à l'extérieur toutes compétitions confondues. Les Lillois sont méconnaissables loin du stade Pierre-Mauroy

Au stade Vélodrome, Jean Saint-Marc

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Catastrophe dans 5, 4, 3, 2, 1...
Catastrophe dans 5, 4, 3, 2, 1... — Daniel Cole/AP/SIPA
  • Le Losc est (avec Angers) la meilleure équipe de Ligue 1 à domicile mais l'une des plus mauvaises à l'extérieur. 
  • Après une nouvelle défaite, cette fois sur la pelouse de Marseille, Christophe Galtier a avoué qu'il n'avait pas trouvé la clé de ce mystère. 

Lors de Lille-Bordeaux, Christophe Galtier a fait une vilaine hypoglycémie. Lors de Marseille-Lille, le coach des Dogues a dû penser qu’il avait de sérieux problèmes de vues : disparue, l’équipe entreprenante aperçue contre les Girondins (3-0) et Valence (1-1). Ce samedi, au Vélodrome, Christophe Galtier a observé des Dogues à la dentition émoussée. Ils ont même fait un double cadeau aux Marseillais (2-1) : gêné par Gabriel, Maignan a relâché le ballon sur le premier but de Sanson (47e). Puis Gabriel a détourné dans ses filets une tête de Payet (79e).

« Je crois qu’on sera au bêtisier du 31 décembre, à ce niveau, on ne peut pas prendre des buts comme ça », peste l’entraîneur lillois. En plus d’être maladroits, ses joueurs sont incroyablement inefficaces à l’extérieur : ils n’ont pris que deux petits points en six déplacements, contre 16 en six réceptions. Lille, qui est avec Angers l’équipe la plus efficace de Ligue 1 à domicile, sombre très souvent loin de Pierre-Mauroy.

«Nous y réfléchissons»

Sa défense, solide à domicile (0,66 but encaissé par match de championnat), devient soudainement poreuse (1,5). Ses attaquants, prolixes dans le Nord (2,33 buts marqués par match), perdent toute précision loin de leurs bases (0,66). Particulièrement inquiétant avant de se rendre à Valence en Ligue des champions (ce mardi, 21h).

« Nous y réfléchissons mais je n’ai pas trouvé la clé », avoue Christophe Galtier. L’an dernier, Lille était plus cohérent, et tournait à 2,26 points par match à domicile, contre 1,68 à l’extérieur. Benjamin André a donc conscience qu’il faut d’urgence « grappiller des points à l’extérieur. » Mais il n’explique pas, lui non plus, ce décalage :

On prépare les matchs de la même manière, on a envie de faire la même chose qu’à domicile. Mais on est parfois moins bien, parfois on fait de grosses erreurs.»

L’atmosphère bouillante d’un Vélodrome quasi plein (53.321 supporters) a-t-elle déstabilisé les Lillois ? « On connaît cette ambiance, on savait à quoi s’attendre, rétorque Benjamin André. On ne les a pas assez fait douter pour que le public se retourne contre eux ! » Les Lillois l’avaient parfaitement fait la saison dernière : en janvier, ils avaient battu l’OM (1-2) dans un Vélodrome frondeur, lors d’un match longtemps interrompu, après le jet d’un pétard.

Mais l’effectif a beaucoup évolué : seulement quatre Lillois titulaires ce samedi l’étaient déjà en janvier. « C’est un contexte qui a pu surprendre certains de mes joueurs, analyse Christophe Galtier. On était trop loin de ce que je voulais voir, de notre plan de jeu, de l’intensité. » Face à Valence, il faudra plus d’agressivité sur les seconds ballons, plus chercher les attaquants dans la profondeur… Et éviter d’offrir deux buts sur un plateau, accessoirement.