FC Nantes: Alban Lafont la forme? Non, pas tout à fait encore en ce début de saison

FOOTBALL Le gardien de but nantais, qui sera titulaire contre Reims dimanche (15 h), à la Beaujoire, peine encore à justifier son statut de gros coup du mercato nantais

David Phelippeau

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Alban Lafont lors de son premier match avec le FCN à Lille (2-1).
Alban Lafont lors de son premier match avec le FCN à Lille (2-1). — PHILIPPE HUGUEN / AFP
  • Alban Lafont, tête de pont du recrutement nantais estival, ne rassure pas tout à fait en ce début de saison.
  • Selon certains de ses anciens partenaires de Toulouse, la marge de progression du jeune gardien de 20 ans est très grande.

Il avait préféré passer son tour. Pas vraiment le style du garçon rarement rétif à s’exprimer devant les micros et les caméras. Il y a quinze jours, avant la venue de Montpellier (1-0), Alban Lafont (20 ans) demandé par les médias au pupitre, n’avait pas souhaité parler. Il faut dire que le « gros coup » du mercato du FC Nantes peine encore pour le moment à justifier son statut après quatre journées. Même s’il a été décisif face notamment à Andy Delort, lors de la venue des Héraultais, sa responsabilité est engagée sur au moins deux buts des trois encaissés depuis le début de saison.

Christian Gourcuff, l’entraîneur nantais, ne s’inscrit pas en faux lorsqu’on lui fait remarquer que le début de saison de celui qui est prêté deux ans par la Fiorentina est hésitant, mais il vole à son secours. « C’est un jeune joueur Alban, il faut lui laisser du temps. Pour les gardiens de but, c’est encore plus particulier, l’aspect psychologique et la confiance sont importants. Il faut le laisser tranquille et il faut le rassurer. » Nicolas Pallois, qui avait regretté après la défaite lilloise (2-1) lors de la première journée que Lafont ne soit pas sorti sur l’ouverture du score des Nordistes, admet qu’il faut « tout faire pour qu’il s’adapte vite et pour l’aider ».

« Beaucoup pensent qu’il est beaucoup plus âgé ! »

« Parfois, on oublie qu’il est très jeune, s’insurge (gentiment) Pantxi Sirieix, qui l’a fréquenté à Toulouse, club dans lequel Lafont a explosé au plus haut niveau. Il n’a que 20 ans ! Beaucoup pensent qu’il est beaucoup plus âgé car il a débuté tellement jeune en pro (16 ans). Il a un gros potentiel, une grosse marge de progression. »

Etienne Didot, aussi ex-partenaire, embraie : « Il a peut-être des absences au niveau du placement, mais c’est normal vu son âge. Il ne faut pas oublier non plus qu’il vient juste d’arriver. Regardez Benjamin Lecomte, il a aussi eu des matchs compliqués depuis son arrivée à Monaco… » Un proche du vestiaire nantais confirme que le passage de la Fiorentina à Nantes ne s’effectue pas sans tracas. « On lui demande de jouer d’une autre manière ici, de participer davantage au jeu balle au pied, de moins sortir. Ce n’est pas simple pour lui, mais il est capable de faire son autocritique. » Et il en a vu d’autres.

Une première séance hallucinante à Toulouse

A la Fiorentina, bien que titulaire la saison dernière, sa saison n’a pas été un long fleuve tranquille. « Il n’a pas toujours convaincu, considère une journaliste italienne du Corriere dello sport. Celui qui l’a remplacé [Dragowski] n’est pas impeccable, mais personne ne dit : "Dommage que Lafont soit parti !" » Douter ne semble néanmoins pas faire partie de son vocabulaire.

« C’est quelqu’un qui a un gros mental, se rappelle Sirieix. Lors de son premier match amical avec nous, il était passé complètement à travers… Deux semaines après, il avait été quand même lancé dans le grand bain avec la réussite qu’on connaît. » A 16 ans et 309 jours.

Etienne Didot le juge « assez sûr de lui, il a une grosse confiance en lui. Il ne se perdra pas dans des pensées stupides. » Et si tel était le cas, son cercle familial, très présent, et le staff sauront le remettre d’aplomb. « Il est perfectible, mais l’avantage, c’est qu’il est à l’écoute. A Toulouse, il nous avait quand même épatés… », poursuit Didot. Comme lors d’une de ses premières séances d’entraînement, durant laquelle le portier actuel des espoirs français avait encaissé un seul but sur une centaine de frappes de son entraîneur des gardiens André Biancarelli. « Avec Adrien Regattin, ça nous avait choqués, lance Pantxi Sirieix. C’était incroyable. On s’était dit que c’était un phénomène. »