Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de page
L'ancien patron de la natation hongroise inculpé pour assassinat

Hongrie: Tamas Gyarfas, l'ancien patron de la natation, inculpé pour un assassinat commandité en 1998

NATATIONJanos Fenyo, un magnat des médias hongrois, avait été assassiné en février 1998
Aymeric Le Gall

A.L.G. avec AFP

L’ancien chef de la Fédération hongroise de natation, l’homme d’affaires Tamas Gyarfas, a été inculpé pour avoir commandité l’assassinat d’un entrepreneur concurrent en 1998, a annoncé mardi le parquet de Budapest.

Tout-puissant patron de la fédération hongroise MUSZ pendant vingt-trois ans, Gyarfas, 70 ans, avait été arrêté dans le cadre de cette affaire en avril 2018 et placé sous strict contrôle judiciaire. Les avancées de l’enquête ont désormais permis de l’inculper formellement pour « incitation à un meurtre avec préméditation », a indiqué le parquet dans un communiqué.

Abattu à un feu rouge

Janos Fenyo, un magnat des médias concurrent de Tamas Gyarfas, avait été abattu d’une rafale d’arme automatique alors qu’il était arrêté à un feu rouge en plein centre de Budapest, le 11 février 1998.

Le parquet a indiqué mardi avoir la preuve que l’assassinat a été commandité par Gyarfas alors qu'« un différend commercial, une lutte pour le pouvoir et, par conséquent, un conflit personnel intense » s’était développé entre les deux hommes. Tamas Gyarfas a jusqu’à présent toujours réfuté les soupçons pesant sur lui.

Le parquet a toutefois fourni de nombreux détails dans son acte d’accusation, affirmant notamment que le suspect avait missionné dès septembre 1997 un premier tueur à gages, qui avait fait défection.

Patron de la fédé de natation de 1993 à 2016

Rouverte en 2017, l’enquête s’appuie notamment sur des enregistrements de conversations entre Tamas Gyarfas et l’un des hommes de main qui ont finalement exécuté le crime, Tamas Portik, selon la presse hongroise.

Nommé à la tête de la MUSZ en 1993, Gyarfas, un ancien journaliste sportif, avait été contraint à la démission en novembre 2016, à sept mois des Mondiaux de Budapest, après avoir notamment été mis en cause par la championne olympique de natation Katinka Hosszu pour son style de gestion autoritaire, de mauvaises conditions d’entraînement et le non-paiement de primes.