«Je rêve de participer aux Jeux olympiques 2024», confie le surfeur Benoît Carpentier

STAND UP PADDLE Le jeune surfeur breton, champion d’Europe et 3e aux Mondiaux en 2017, évoque son parcours et ses ambitions

Propos recueillis par Manuel Pavard

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Benoît Carpentier sur la mythique vague de Sunset Beach, à Hawaï, cette année.
Benoît Carpentier sur la mythique vague de Sunset Beach, à Hawaï, cette année. — APP-8
  • Le jeune Breton Benoît Carpentier est l'un des meilleurs surfeurs actuels, en stand up paddle comme en longboard.
  • Il a réussi l'exploit de battre les maîtres hawaïens sur leurs terres à seulement 16 ans.
  • Benoît Carpentier prépare les prochaines étapes de Coupe du monde dans ses deux disciplines de prédilection et rêve de participer aux JO 2024.

Champion d’Europe 2017, médaillé de bronze aux championnats du monde 2017, abonné aux podiums mondiaux avec l’équipe de France (médailles d’argent en 2016 et 2017, bronze en 2018), plusieurs tops 10 sur le circuit mondial professionnel… À 23 ans, Benoît Carpentier affiche déjà un palmarès long comme le bras. Étoile montante du stand up paddle surfing, le jeune surfeur breton est aussi et surtout un virtuose des sports de glisse nautiques, qui pratique également le longboard en compétition.

De retour d’un séjour en Thaïlande et à Bali, où il a testé des nouvelles planches pour son équipementier Starboard, il se prépare actuellement dans son Finistère natal pour les prochaines étapes de Coupe du monde dans ses deux disciplines de prédilection. Avant d’aller dompter les vagues anglaises, espagnoles et américaines, Benoît Carpentier se dévoile pour 20 Minutes.

Comment êtes-vous venu au stand up paddle ?

Je suis originaire de Brest et j’ai toujours habité près de la mer. Mes parents étant issus du windsurf, j’ai été bercé dès le plus jeune âge par les sports nautiques. Ma première passion était la voile, puis, vers 11 ans on a essayé le surf avec mes deux frères et sœurs. À partir de là, j’ai commencé à suivre des cours à Sweet Spot à Landunvez (Finistère). Pendant trois-quatre ans, je n’ai fait que du surf, avant de goûter au stand up paddle à 14 ans, grâce aux deux gérants de l’école qui étaient parmi les premiers à avoir amené ce sport en France. Assez rapidement, mon père m’a fabriqué une pagaie avec laquelle je montais sur un gros longboard. C’est ce qui m’a donné le virus.

Est-ce difficile de passer du surf au stand up paddle ?

Les deux sports sont quand même très proches. Le stand up paddle, c’est du surf sur une plus grosse planche où l’on se tient debout avec une pagaie. Dans les deux cas, pour progresser, il n’y a pas de secret : il faut passer énormément de temps dans l’eau. Pour quelqu’un possédant de bonnes bases en surf, je dirais que les 20 premières sessions de paddle sont assez dures et ensuite, ça vient assez vite. Le plus gros changement, c’est d’avoir une pagaie dans les mains. C’est un peu comme un troisième pied.

Benoît Carpentier est l'une des étoiles montantes du stand up paddle.
Benoît Carpentier est l'une des étoiles montantes du stand up paddle. - Bruno Detante

Vous avez très vite percé en stand up paddle. Comment se sont déroulés vos débuts en compétition ?

Au départ, j’ai commencé par des compétitions de surf : j’ai été successivement champion du Finistère et de Bretagne minime. Ensuite, j’ai fait mes preuves assez vite en paddle, ce qui m’a permis de trouver des sponsors. Et le tournant est arrivé à 16 ans, quand je suis parti à Hawaï, le berceau du stand up paddle, pour faire une étape de Coupe du monde. Il y avait une épreuve junior pour les jeunes de moins de 18 ans et moi, le petit Breton qui débarquait là-bas, j’ai gagné devant les Hawaïens, qui sont les maîtres de la discipline ! En plus, c’était la première fois que je surfais d’aussi grosses vagues sur le spot mythique de Sunset Beach. Et cerise sur le gâteau, sur l’étape adulte, j’ai failli sortir  Kai Lenny, référence mondiale du paddle, en quart de finale.

Ce sont ces performances à Hawaï qui vous ont fait décoller ? Vous en vivez depuis ?

Oui, après j’ai réussi à obtenir un meilleur contrat et depuis sept ans, je suis donc le tour mondial professionnel en intégralité. J’arrive à la fois à faire des compétitions et à voyager partout dans le monde, que ce soit pour surfer les plus belles vagues ou pour tester et développer les futurs modèles de planches de mes sponsors.

Et vous ne pratiquez pas que le paddle…

Je fais de la compétition en longboard en parallèle. J’ai toujours été un touche-à-tout : j’ai commencé par le surf, puis le bodyboard et beaucoup de longboard, ce qui m’a valu ma première sélection en équipe de France. Pour ma première compétition de longboard à ce niveau, j’ai été champion d’Europe junior aux Açores en 2014.

Vous avez surfé un peu partout. Quels sont vos spots préférés ?

En Bretagne, mes meilleurs spots sont ceux de la Presqu’île de Crozon, vraiment magnifiques, et plus particulièrement le spot de La Palue. Sinon, mon coup de cœur absolu, c’est Jeffreys Bay en Afrique du Sud, où je suis allé l’an dernier. C’est une vague très longue – 800 mètres de long – avec plein de supports et de sections différentes.

Quel est votre programme de l’été ?

Durant tout le mois de juillet, je donne des cours à Locquirec et à Penfoul et je m’entraîne pour les prochaines échéances, même s’il n’y a pas trop de vagues en ce moment. À partir de la mi-août, j’ai deux compétitions en longboard : une sur le circuit européen en Angleterre et pour la première fois, une sur le circuit mondial en Galice (Espagne). Et le 1er septembre, je pars pour deux semaines à New York pour une étape de Coupe du monde en stand up paddle, mon objectif principal.

Avez-vous un rêve à plus long terme ?

Sans hésiter, participer aux Jeux olympiques 2024 ! Tout dépend de comment se passe l’épreuve de surf [présent pour la première fois] aux JO de Tokyo, l’an prochain. Mais je croise les doigts pour qu’entre le stand up paddle et le longboard, l’un des deux apparaisse aux JO de Paris…