Coupe du monde féminine: Qui sont les supporters anglais qui se déplaceront pour le Mondial?

FOOTBALL Cohues de supporters et débordements sont des scènes qui ne risquent pas de se produire. Lors de la Coupe du monde féminine, le public sera « fidélisé, mélangé et peut-être familial »

Mathilde Frénois

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Des supporters anglais déguisés dans une fan-zone de Marseille, le 11 juin 2016
Des supporters anglais déguisés dans une fan-zone de Marseille, le 11 juin 2016 — JEAN CHRISTOPHE MAGNENET AFP
  • « A priori, on n’attend pas une affluence extraordinaire autour du foot anglais », pointe Nicolas Hourcade, sociologue spécialiste de la place des supporters dans le football. 
  • Selon lui, on retrouvera dans le stade, « les amateurs de foot mais aussi plein de gens qui sont attirés par les gros événements ».
  • Les hooligans ne devraient pas être de la partie, évitant ainsi les débordements connus à Marseille entre supporters anglais et russes.

Demander à Dave s’il aime le football, c’est le voir lever les yeux au ciel. « Je suis un grand fan de foot », dit-il comme si c’était une évidence. Cet Anglais, installé à Nice depuis plusieurs années, supporte l’équipe londonienne Fulham et « bien sûr l’équipe anglaise ».

Dimanche, pour le premier match du mondial féminin à l’Allianz Riviera Angleterre-Ecosse, il a acheté un billet pour lui et sa fille de 6 ans. « Je serai dans le parcage anglais parce que j’en fais déjà partie pour les matchs des hommes, dit-il. Ça rajoutera un peu d’ambiance, mais je suis sûr que ça sera une bonne expérience, détendue et bon esprit. » Comme lui, 16.000 personnes ont acheté des billets pour France-Ecosse, dont un tiers sont des Britanniques. Pour Japon-Angleterre, 13.000 spectateurs ont déjà leurs tickets pour l’Allianz Riviera. Une personne sur cinq sera issue du Royaume-Uni.

Sans « les populations violentes »

Si Dave soutiendra son équipe au stade, ce n’est pas le cas de tous ses amis supporters. Certains n’ont pas acheté de tickets « car ce sont des filles qui jouent », regrette-t-il. « A priori, on n’attend pas une affluence extraordinaire autour du foot anglais, pointe Nicolas Hourcade, sociologue spécialiste de la place des supporters dans le football. Dans le stade, on retrouvera les amateurs de foot mais aussi plein de gens qui sont attirés par les gros événements. C’est l’occasion de partager un moment convivial et festif. Les absentes devraient être les populations violentes. »

Lors de l’Euro-2016, près de 30 personnes avaient été blessées lors d’affrontements en marge du match Angleterre-Russie. « Apparemment, les hooligans ne se déplaceront pas. Ce sont gens qui vont au stade avec l’intention de se battre. Cette attitude tourne essentiellement autour du foot masculin et des sports locaux très importants comme certains clubs de basket ou de hockey. Mais c’est très concentré sur le foot masculin », constate le sociologue.

Une enquête sociologique

Les seuls incidents recensés autour du sport féminin trouvaient leurs origines dans les tensions entre deux clubs omnisports d’une même ville : « En Grèce par exemple, il existe de grosses rivalités entre l’Olympiakos et le Panathinaïkos, souligne Nicolas Hourcade. Il peut donc y avoir des violences autour des matchs de volley et de basket féminin. » Bien loin donc de la rencontre à Nice entre l’Angleterre et l’Ecosse.

Mais alors, quel sera le profil des supporters anglais qui se déplaceront dimanche ? « On connaît mal le public du football féminin, admet Ludovic Lestrelin, sociologue auteur de L’autre public des matchs de football. il est clair que c’est un peu flou car c’est plus récent. On peut faire l’hypothèse d’un public plus fidélisé, mélangé et peut-être familial. Et dont l’intérêt dépendra du résultat des équipes. » Pour combler ce manque de connaissance sur le public du football féminin, Ludovic Lestrelin étudiera, avec un groupe de sociologues nommé L’œil de Moscou, « la façon dont le public français va s’approprier la coupe du monde » et « la manière de regarder la coupe du monde à la télévision ». Ce qui est sûr, c’est que Dave et sa fille ne seront pas devant leur écran. Tous deux ont déjà leurs billets pour le deuxième match des Anglaises à Nice contre le Japon.