Coupe du monde féminine de football: «Les hooligans ne s’intéressent pas au football féminin»

INTERVIEW Trois ans après l’Euro de football, la France organise la Coupe du monde féminine. Mais le public attendu pendant l’événement est bien différent de celui qui avait fait le déplacement en 2016

Propos recueillis par Caroline Politi

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L'équipe de France féminine en pleine préparation pour le Mondial.
L'équipe de France féminine en pleine préparation pour le Mondial. — FRANCK FIFE / AFP
  • Les risques de débordements par des hooligans ou des groupes ultras en marge des matchs de la Coupe du monde féminine sont très faibles.
  • Une coopération internationale a été mise en place.
  • Six rencontres « à risques » lors des phases de poules ont été identifiées.

Un an après le sacre des hommes en Russie, c’est au tour de l’équipe de France féminine de football de briller. Début des festivités, vendredi au parc des Princes, à Paris face à la Corée du Sud. Jamais la Coupe du monde féminine n’a suscité pareil engouement en France. Certaines rencontres – comme le match d’ouverture – se jouent à guichets fermés. Un public nombreux mais différent de celui qui assiste aux événements masculins. L’analyse d’ Antoine Mordacq, chef de la division de lutte contre le hooliganisme.

Trois ans après l’Euro masculin, la France accueille à partir de ce vendredi la Coupe du monde féminine. Le dispositif de sécurité est-il similaire à celui mis en place en 2016 ?

Antoine Mordacq, chef de la division de lutte contre le hooliganisme.

On avait davantage de craintes en 2016. La menace terroriste reste élevée mais nous avons moins d’inquiétude sur le public que va drainer cette Coupe du monde. Non seulement les hooligans ou les groupes ultras présents dans les clubs ne s’intéressent pas – ou très peu – au football féminin mais en plus les équipes des pays dits « à risque », comme les pays d’Europe de l’Est, ne sont pas qualifiées.

Quel public est attendu ?

Principalement un public traditionnel, c’est-à-dire des amateurs de football qui n’ont pas de comportements extrêmes, ou des familles. Mais nous resterons en alerte tout au long de cette Coupe du monde, cela reste un événement majeur qui attire beaucoup de monde. Nous avons ciblé six matchs potentiellement à risque pendant la phase de poules. Ce sont des rencontres dans lesquelles jouent l’Angleterre, les Pays-Bas, l’Allemagne ou encore la Suède. Cela ne signifie pas que le public de ces équipes est plus violent mais simplement que les supporters se sont déplacés en nombre et qu’il faut donc une vigilance supplémentaire.

Comment a été pensé le dispositif de sécurité ?

Il est fixé match par match car certains stades sont déjà complets, d’autres pas du tout. Pour les rencontres à risque nous travaillons avec nos homologues étrangers. Nous échangeons déjà depuis longtemps mais lors de ces matchs, deux « spotters » étrangers, c’est-à-dire des policiers physionomistes spécialisés, viendront prêter main-forte aux policiers français. Ils n’interviendront pas directement mais ils pourront informer et aiguiller leurs homologues français s’ils détectent des individus à risque. Le dispositif sera ensuite adapté en fonction de l’évolution du tournoi.