Roland-Garros: «Je voulais rendre ma wild card»… Revenu de nulle part, Nicolas Mahut signe une formidable remontada contre Cecchinato

TENNIS Embêté depuis des semaines par des problèmes de dos, Nicolas Mahut a failli renoncer à son invitation pour Roland-Garros. Ce dimanche, le vétéran français a renversé Marco Cecchinato, demi-finaliste l’an dernier

Nicolas Stival

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Nicolas Mahut, auteur d'un match renversant face à l'Italien Marco Cecchinato, dimanche au premier tour du tournoi de Roland-Garros.
Nicolas Mahut, auteur d'un match renversant face à l'Italien Marco Cecchinato, dimanche au premier tour du tournoi de Roland-Garros. — Ch. Archambault / AFP
  • Nicolas Mahut a enflammé le nouveau court Simonne-Mathieu, en triomphant en cinq sets de Marco Cecchinato, après avoir été mené deux sets à rien.
  • L’Angevin de 37 ans, désormais 253e mondial, avait pourtant failli rendre sa wild card, avant de renverser l’Italien, demi-finaliste de Roland-Garros l’an dernier.
  • Avant ce dimanche, Mahut n’avait joué qu’un match sur le circuit principal en 2019.

On ne sait pas encore si le succès de dimanche débouchera sur Le match de ma vie 2, après un premier livre consacré à son interminable et légendaire défaite face à John Isner, lors de Wimbledon 2010. Mais Nicolas Mahut a écrit la première belle page de ce Roland-Garros 2019, sur le tout nouveau court Simonne-Mathieu, face à l’Italien Marco Cecchinato, demi-finaliste l'an dernier.

« Celle-là, je la place très, très haut dans mes souvenirs », lâche le héros du jour, qui n’avait joué jusque-là qu’un match sur le circuit principal en 2019 : une défaite d’entrée au tournoi ATP 250 de Montpellier contre le Croate Krajinovic. Niveau certitudes d’avant-Roland, on a fait mieux.

A la dérive en début de rencontre, l'Angevin de 37 ans, invité par des organisateurs qu’il a chaleureusement remerciés, a tout renversé pour s’imposer en cinq sets et 3 h 18 (2-6, 6-7 [6-8], 6-4, 6-2, 6-4). En d’autres termes : le 253e joueur mondial a terrassé le 19e, tombeur de Novak Djokovic en quart l’an dernier.

« Le public français fait la différence »

« Au cinquième set, il n’y a plus de classement. C’est un vrai combat. Et le public français fait la différence. » Mahut a enflammé Simonne-Mathieu, un court sur lequel il avait demandé « si possible » d’évoluer. « Je sentais qu’il pouvait y avoir une ambiance incroyable, et c’est ce qui s’est passé. »

La belle histoire ne serait pas complète sans une anecdote croustillante. Et le trentenaire très avancé, à peine plus jeune que Roger Federer, la livre sur un plateau. « Le vendredi avant les qualifs [le 17 mai donc], ça ne s’était pas bien passé à l’entraînement et je voulais rendre la wild-card. J’avais encore un peu mal au dos. »

Finalement, les organisateurs lui ont conseillé de patienter jusqu’à la « deadline », le dimanche 19 mai. On devine la suite : une douleur, récurrente depuis des semaines, qui s’estompe, une épouse « qui me conseille de ne pas me mettre de pression », et un exploit au bout du compte. Netflix est sur le coup.

La « der » à Roland contre Kohlshreiber

Retours bloqués, montée à la volée sur seconde balle… Mahut a régalé le public, et a permis à son jeune fils de rentrer sur le court pour partager avec lui un moment rare. Le parfait « happy end » en somme. Ce n’est que la septième victoire en 17 participations à Roland, où il a seulement atteint deux fois le troisième tour, en 2012 et 2015.

Et maintenant ? Mahut a rendez-vous avec l’Allemand Philipp Kohlshreiber (35 ans), tombeur du Néerlandais Robin Haase et pas vraiment un perdreau de l’année lui non plus. Peut-être le dernier match de « Nico » sur la terre parisienne ? « Je ne sais pas quoi vous dire, répond-il à une consœur. Si je vous dis oui, cela veut dire que j’arrête. Si je vous dis non, je ne serai pas tout à fait honnête. »

Une jolie pirouette pour le numéro 5 mondial en double, habituel binôme de Pierre-Hugues Herbert, qui fera la paire cette fois avec l’Autrichien Jurgen Melzer. Leurs premiers adversaires, mardi ? Deux Italiens, Andreas Seppi et… Marco Cecchinato.