Le court Simonne-Mathieu de Roland-Garros, le 26 mai 2019
Le court Simonne-Mathieu de Roland-Garros, le 26 mai 2019 — Pavel Golovkin /Sipa

TENNIS

Roland-Garros: «On sent même l’odeur des fleurs»... Le nouveau court Simonne-Mathieu testé et approuvé

Le court des Serres, baptisé du nom de l’ancienne championne et résistante Simonne Mathieu, a été inauguré ce samedi à Roland-Garros

  • Enceinte de 5.000 places semi-enterrée, le court Simonne-Mathieu est entouré de serres contenant des végétaux tropicaux.
  • Première joueuse à gagner sur ce court, Garbiñe Muguruza a apprécié ce baptême, tout comme le public.
  • Simonne-Mathieu a connu son premier grand match avec la victoire renversante de Nicolas Mahut sur l'Italien Marco Cecchinato, demi-finaliste du tournoi l'an dernier.

A Roland-Garros,

En ce premier dimanche de tournoi, c’est un coin reculé, loin du tumulte du reste de Roland-Garros. Tout le long de l’Allée des serres qui mène au nouveau court Simonne-Mathieu, des panneaux vantent « un écrin unique au monde » et promettent « un tour du monde en 80 plantes ». Derrière des vitres, des végétaux d’Australie, d’Asie, d’Afrique et d’Amérique du Sud encerclent la terre battue semi-enterrée.

Et en effet, l’endroit dégage une atmosphère spéciale, un brin bucolique. Lauréate de Roland en 2016, Garbiñe Muguruza restera la première joueuse à avoir triomphé sur ce court qui doit son nom à l’ancienne joueuse (1908-1980), victorieuse deux fois en simple porte d’Auteuil (1938, 1939) avant de s’engager dans la Résistance.

« Mon préféré reste le Philippe-Chatrier, qui me met la chair de poule, a admis l’Espagnole, au terme d’un joli bras de fer face à l’Américaine Taylor Townsend (5-7, 6-2, 6-2). Avant, le court numéro 1 était mon autre favori, maintenant, c’est le Simonne-Mathieu. C’est un endroit très différent. Vous ne vous sentez pas comme sur un grand cours, mais plutôt dans un jardin. »

Mahut fait chauffer Simonne-Mathieu

Un jardin de 5.000 places qui s’est progressivement rempli, pour afficher (presque) complet à la fin d’un renversant Nicolas Mahut – Marco Cecchinato. Le vétéran français de 37 ans a estoqué en cinq sets le demi-finaliste de l’an dernier. Le public a porté l'Angevin lors du septième jeu de la cinquième manche. Il y avait alors 3-3, et son favori a effacé trois balles de break. Le tournant du match. « C’est un court extraordinaire à jouer », a salué Mahut au bout de 3h18 de combat.

Avant que Simonne-Mathieu ne s’enflamme, Muguruza avait évoqué un lieu très « cosy », le même adjectif employé par Guillaume, un quadra de Sèvres venu en famille. « On est très proche des joueurs, c’est beaucoup plus agréable que les grands courts, même s’il fait quand même 5.000 places. Et puis, le cadre est top. »

« C’est très sympa, même quand on est assis en haut, renchérit Florian, jeune trentenaire venu en couple depuis Lens. On sent même l’odeur des fleurs. On ne peut pas encore visiter, mais ça donne envie. »

De jolies serres, que l’on ne peut pas encore visiter

Car oui, pour l’instant, il faut se contenter d’admirer la flore tropicale à travers les vitres. Les serres seront accessibles au public à partir du 21 juin, douze jours après la finale hommes. Elles seront ensuite ouvertes à l’année… sauf en période de tournoi. Apparemment, la consigne n’est toujours pas passée auprès du public. « Plein de gens m’ont demandé d’y entrer », sourit un agent d’accueil.

Bernard Giudicelli est bien loin de tout ça. Entre la victoire de Muguruza et le match de Nicolas Mahut contre Marco Cecchinato, le président de la Fédération française de tennis (FFT) a inauguré en fanfare le nouveau court, entouré du petit-fils de Simonne Mathieu, du général Bruno Le Ray, gouverneur militaire de Paris, et des anciennes joueuses Françoise Durr et Mary Pierce.

Certains spectateurs préfèrent mater l'écran géant sur une chaise longue près du court Simonne-Mathieu.
Certains spectateurs préfèrent mater l'écran géant sur une chaise longue près du court Simonne-Mathieu. - Pavel Golovkin / Sipa

Du beau monde. Mais avant un mini-concert mêlant cuivres, percus et bruits d’oiseaux tropicaux, seul le patron de la FFT, visiblement très fier, a pris la parole, notamment pour rappeler que « ce stade a dû vaincre beaucoup de réticences ». Des défenseurs du patrimoine et de l’environnement ont mené un combat judiciaire de plus de cinq ans pour tenter d’empêcher Roland-Garros d’étendre sa surface de 8,5 à 12,5 hectares.

« La Fédération peut vaincre et vraiment convaincre » assène Giudicelli entre deux remerciements, notamment au créateur des lieux Marc Mimram. Au-delà de toutes polémiques, l’architecte, présent en tribune, a imaginé un bel endroit, qui permet aussi de sortir de l’oubli une figure française du XXe siècle. Et rappelez-vous que « Simonne » s’écrit avec deux « n », « comme tennis », souligne le président du tennis français. Merci pour la touche d’humour, président.