Roland-Garros: Court des Serres, Chatrier, extension... Alors, comment ça avance (bien) ces travaux?

TENNIS Les travaux du nouveau Roland-Garros ont commencé, mais ne prendront fin qu'en 2020...

William Pereira

— 

Alors, comment ça avance pas ces travaux?
Alors, comment ça avance pas ces travaux? — 20 Minutes

A Roland-Garros,

Ceux qui ont eu la chance de passer du bon temps à Roland-Garros en ce premier dimanche vous le diront : les travaux d’agrandissement du stade ont bien commencé, et la grande grue - visible depuis l’Avenue de la porte d’Auteuil - qui surplombe les lieux est là pour le prouver. Tout autant que la conférence de presse organisée par la Fédération française de tennis (FFT) le jour de l’ouverture de la deuxième levée du Grand Chelem, à laquelle on a bien évidemment assisté.

>> A lire aussi : Roland-Garros : Fans de «Plus belle la vie» ou des serres d’Auteuil, on a rencontré les haters du tournoi parisien

La première phase des travaux est terminée

Première info balancée par le boss de la FFT, Bernard Giudicelli, la bataille judiciaire avec les défenseurs des Serres d’Auteuil est quasiment gagnée et les travaux ne devraient a priori plus connaître de grande interruption. Deuxième info, « la phase une des travaux est terminée ». Ok soit. Mais c’est quoi cette histoire de phases ? Par bonheur, on a réussi à mettre la main sur le dossier de presse plutôt bien fichu qui explique tout ça en détail. On distingue donc quatre étapes dans la quête d’un nouveau Roland (dont le budget débloqué pour le chantier est de 350 millions d’euros) :

  • Phase 1 (terminée) : Livraison des PC Organisation et Sécurité, du nouvel accueil de la FFT et du nouvel accueil des médias. Rien de bien fou pour les spectateurs, mais il fallait bien commencer par quelque part.
  • Phase 2 (pour le tournoi 2018) : Livraison du bâtiment de l’organisation et du Village, des courts 7, 9 et 14 ainsi que de la porte du Fonds des Princes.
  • Phase 3 (pour le tournoi 2019) : Livraison du nouveau Chatrier sans le toit, du court des Serres (a priori bouclé fin 2018), des courts 10, 11, 12, 13, 15 et 16. Là, on entre dans le vif du sujet.
  • Phase 4 (pour le tournoi 2020) : Livraison du toit du nouveau Chatrier (rétractable en 15 minutes).

Ce planning sous-entend plusieurs choses. La première étant que le court Philippe-Chatrier tel qu’on le connaît n’a plus beaucoup de temps à vivre. Gilles Jourdan, directeur du projet modernisation du Stade de Roland Garros, approfondit.

« Le court central sera plus large de huit à dix mètres sur les côtés Est et Ouest. Il faut savoir qu’on va reconstruire les gradins mais que seule la tribune B sera totalement détruite puis refaite (entre 2018 et 2019). »

Bref, l’idée est très clairement de mettre le Chatrier au centre du village, mais aussi d’aérer les environs. Du coup, bye-bye le court numéro 1, au grand regret d’un confrère italien qui nous a expliqué que ses compatriotes le trouvaient « particulièrement impressionnant ». Le hic, c’est que le n°1 date de 1983, qu’il est donc obsolète, qu’on ne peut que très difficilement le mettre aux normes, et qu’il prend de la place. Bref, le pauvre n’a rien pour lui. « L’enjeu majeur, c’est le court Central. L’idée c’est de déplacer le court n°1, qui va dans le court botanique (alias le court des Serres) », justifie Jourdan.

« Un dialogue avec la ville, le jardin et l’histoire du tournoi »

Le court des Serres, parlons-en d’ailleurs. Il se tiendra en lieu et place des serres chaudes et techniques, qui, précise le dossier de presse, « ne présentaient pas d’intérêt patrimonial ou architectural », mais ne nuira pas aux grandes serres de l’architecte Jean-Camille Formigé (1898).

Comme son nom l’indique, il sera entouré de nouvelles serres tropicales (1500 m²) histoire que tout le monde soit content. Et figurez-vous que les travaux avancent pas mal. « On est à 40 % du gros œuvre et 50 % du botanique », précise Gilles Jourdan. Là tout de suite, c’est un peu flou. Heureusement, on a une belle photo pour vous.

Alors, comment ça avance pas ces travaux?
Alors, comment ça avance pas ces travaux? - 20 Minutes

Particularité de la bête, elle sera donc entourée de tout plein de plantes venues des quatre continents - on sait, il y en a cinq mais la végétation en Antarctique c’est pas trop ça - mais aussi partiellement en pleine terre. Marc Mimram, architecte du court des Serres d’Auteuil :

« Il y aura un promenoir d’accès au niveau des serres. Depuis ce promenoir, on descendra d’un niveau vers la partie basse du court, à cinq mètres en pleine terre, ou on montera vers la partie haute, à cinq mètres de hauteur. »

Esthétique, folklorique mais aussi et surtout symbolique, ce nouveau terrain. « L’idée, c’est de montrer que le jardin, la ville, l’histoire du tournoi et le sport peuvent communiquer ensemble », enchaîne, enthousiaste, Mimram. Pas sûr que cela suffise à apaiser la colère des défenseurs des Serres d’Auteuil.

La qualité plutôt que la quantité

Outre les deux projets phares que sont le renouveau du Chatrier et l’installation du toit ainsi que le court des Serres, il faut noter que le tournoi de Roland-Garros, censé être plus « Grand Chelem-friendly », va perdre deux courts, passant de 20 à 18 terrains. Une erreur de calcul de l’organisation ? Non, évidemment. Car le tournoi aura désormais quatre courts principaux (on n’en parle pas trop mais le court du Fonds des Princes pèsera 2.200 places) pour un total de 40.000 places (contre 37.500) aujourd’hui.

Gain de places, et gain d’espace (malin) autour du central, mais pas d’incroyable extension comme le réclamaient à une époque certains joueurs, en dehors de l’accès au jardin des Serres. « Nous ne sommes pas dans une course au gigantisme », analyse Jourdan.