VIDEO. Bordeaux: Japon, Ligue des champions, les Bleus... Amath M'baye, la longue et belle ascension

BASKET L’ailier fort bordelais au parcours atypique vient de vivre une saison un peu folle

Clément Carpentier

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Amath M'Baye a vécu sa première sélection avec la France fin 2018.
Amath M'Baye a vécu sa première sélection avec la France fin 2018. — PASCAL LACHENAUD / AFP
  • A 29 ans, le Bordelais est en train de se faire un nom dans le basket français.
  • Passé par les Etats-Unis et surtout le Japon, il vient de remporter la Ligue des champions avec le club italien de Bologne.
  • L’ailier fort a aussi connu sa première sélection fin 2018 et espère maintenant disputer la Coupe du monde en septembre.

Doucement mais sûrement. A 29 ans, Amath M’Baye est petit à petit en train de se faire un nom dans le basket français et européen. Le Bordelais a vécu une saison riche en émotions. En novembre dernier, il vivait sa première sélection avec l’Equipe de France avant de remporter il y a quelques semaines la Ligue des champions de basket avec son club italien de Bologne.

Une sorte de récompense pour ce joueur à la trajectoire si singulière pour un joueur français. Un globe-trotter des parquets. Né à Bordeaux en 1989, il est passé par les JSA puis le centre de formation du Havre avant de prendre la première grande décision de sa vie à 18 ans :

« J’ai décidé de partir aux Etats-Unis car ma mère voulait que je poursuive mes études (commerce international) et en France, c’est beaucoup plus difficile d’allier les deux. Et franchement, l’adaptation a été bien plus facile par rapport à ce que je pensais au départ… »

Il fait un an en High School en Californie avant de rejoindre l’Université du Wyoming (deux ans) puis celle d’Oklahoma (deux ans).

Le Japon, une expérience rare pour un Français

Il s’inscrit à la Draft pour tenter l’aventure NBA mais ça ne passe pas. C’est alors qu’en 2013 l’ailier fort français fait un nouveau choix surprenant : direction le Japon et précisément Nagoya ! « D’une, il fait que je joue, j’avais besoin d’avoir des minutes et des responsabilités. De deux, c’est un championnat rémunérateur et on ne peut pas le négliger », rappelle Amath M’Baye. Là-bas, il va s’éclater sur le terrain (20 points de moyenne par match) mais aussi en dehors pendant près de trois ans : « J’ai adoré cette expérience et notamment le peuple japonais et sa culture. Ce sont des personnes très respectueuses, très aimables. »

Mais pour poursuivre sa progression sportive, le Bordelais revient (enfin) en Europe. Il trouve chaussure à son pied avec l’Italie. Depuis 2016, il brille sur les parquets transalpins avec Brindisi, Milan (où il joue l’Euroligue) et enfin Bologne cette saison avec qui il remporte la Ligue des champions (16 points en finale, deuxième meilleur marqueur de son équipe). « C’était énorme, savoure-t-il encore aujourd’hui depuis Las Vegas, une aventure incroyable. » Une aventure européenne qui lui permet aussi d’être un peu plus exposée notamment avec des matchs contre des clubs français, Le Mans, Nanterre mais surtout, Strasbourg d’un certain Vincent Collet…

Il rêve de la Coupe du monde en Chine

Déjà appelé dans un groupe élargi en 2017, le sélectionneur de l’équipe de France lui offre sa première sélection le 30 novembre 2018 en République Tchèque : « C’est l’accomplissement d’une vie » pour celui qui colle ce jour-là 18 points et offre la victoire aux Bleus comme dans un rêve. Mais l’appétit vient en mangeant et le vrai rêve, c’est la prochaine Coupe du monde en Chine dans trois mois. « Je ne me prends pas la tête avec ça. Le basket français a un fantastique vivier avec beaucoup de talent. C’est un luxe pour le coach », Amath M’Baye croise donc les doigts.

S’il ne sait toujours pas où il jouera la saison prochaine, il travaille déjà sur son après-carrière. Il y a quelques mois, il a ouvert son premier restaurant de la franchise New School Tacos, rue des Augustins à Bordeaux (où vit toujours sa maman) car « c’est important d’avoir un équilibre en sortant un peu du basket avec d’autres projets et puis, il faut prévoir l’avenir car à 35/36 ans ma carrière s’arrêtera. » Mais d’ici là, Amath M’baye aura sûrement découvert de nouveaux pays voire continents et inscrit quelques paniers…