JSA Bordeaux: Sa carrière pro arrêtée à cause d'une pathologie cardiaque, Ludovic Vaty retrouve un second souffle en semi-pro

BASKET Malgré une pathologie cardiaque importante, l’ancien pivot international a pu reprendre le basket grâce à un traitement quotidien…

Clément Carpentier

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Ludovic Vaty et les JSA réalisent un début de saison parfait avec trois victoires en trois matchs.
Ludovic Vaty et les JSA réalisent un début de saison parfait avec trois victoires en trois matchs. — JSA Bordeaux Métropole
  • Ancien grand espoir du basket français, Ludovic Vaty a dû mettre un terme à sa carrière en 2013 à cause d’un problème cardiaque.
  • Grâce à un traitement efficace, le pivot des JSA rejoue au basket à un niveau semi-professionnel.
  • Il doit tout de même respecter certaines conditions pour ne pas faire souffrir son cœur.

« Je lui ai dit que tu pouvais encore jouer l’Euroligue (rires) », chambre gentiment Joachim Duthé sur le banc à la fin de l’entraînement alors que son pivot répond gentiment à  20 Minutes. Si le coach des JSA Bordeaux Métropole Basket lance cette affirmation sur le ton de l’humour, elle n’est pas sans fondement pour autant. Il suffit de regarder Ludovic Vaty affiler les paniers. Le talent, ça ne se perd pas !

En 2013, Ludovic Vaty est élu meilleur joueur de la Leaders Cup.
En 2013, Ludovic Vaty est élu meilleur joueur de la Leaders Cup. - FRANCOIS GUILLOT / AFP

Alors que fait l’ancien international français à batailler tous les week-ends dans les raquettes de Nationale 1 (le troisième niveau français) ? Il retrouve un second souffle. Au sens propre comme au sens figuré. En effet, Ludovic Vaty a dû mettre un terme à sa carrière professionnelle en 2013 à cause d’une pathologie cardiaque : « J’avais un souffle au cœur puis un jour lors d’un examen classique, on a découvert une cardiomyopathie. J’ai une partie du cœur qui bat plus faiblement que l’autre. À haute intensité, cela peut engendrer une crise cardiaque ! »

Un retour un peu inespéré

Le coup est alors très rude pour le Guadeloupéen au sommet de son art en Pro A avec Grevelines et régulièrement appelé en l’équipe de France. « Ce jour-là, la vie s’effondre. C’est beaucoup de questions quand on a seulement 24 ans. Je me suis dit, ce n’est pas possible », se rappelle celui qui a mis un certain temps avant de retourner voir un match de basket dans une salle. Depuis, Ludovic Vaty suit un traitement quotidien. Un traitement efficace puisqu’au fil des mois, son état de santé s’est rapidement amélioré.

Ludovic Vaty compte 9 sélections avec l'équipe de France.
Ludovic Vaty compte 9 sélections avec l'équipe de France. - DAVID LE DEODIC / AFP

Au point que dès septembre 2014, il obtient le feu vert des médecins pour reprendre le basket à un niveau amateur et sous certaines conditions : « Je ne ressentais pas d’appréhension car on ne sent rien. Ce n’est pas comme une blessure musculaire ou une entorse par exemple. Il n’y a pas de douleur. » Mais attention, tout cela reste fragile à l’image de la saison dernière où il a dû s’arrêter de jouer dès le mois de janvier à cause de mauvais examens.

Quatre séances par semaine et une vingtaine de minutes par match

Malgré ce petit coup d’arrêt, les JSA Bordeaux Métropole de Joachim Duthé le sollicitent rapidement cet été : « Tout est défini depuis le début. Tout le monde est au courant. Après, il a sa carrière qui parle pour lui. Ça lui donne une légitimité. » Un entraîneur qui doit bien sûr faire avec l’état de santé de son pivot : il ne peut pas faire plus de quatre séances par semaine (entraînement + match) et ne peut jouer qu’une vingtaine de minutes par rencontre.

Mais, il « n’y a aucun souci avec ça car il a un énorme vécu. Un très gros QI basket. Il n’a pas besoin de répéter 50 fois le même système pour le comprendre. » Alors maintenant peut-il retrouver le très haut niveau ? « Ce serait compliqué. Moi, je suis plutôt dans l’optique sans stress. Je donne ce que je peux donner. Je vis au jour le jour et je prends mon pied. Et puis, si ça se trouve, je peux être de nouveau arrêté dès demain… » Et pour le coup, Ludovic Vaty sait de quoi il parle !