Basket féminin: Qui est Franck Manna, président du club de Montpellier finaliste de l'Eurocoupe ?

BASKET Franck Manna a pris en main les destinées du BLMA à l'intersaison 2017 dans un contexte très tendu. Un an et demi plus tard; le club est à 40 minutes de son premier titre européen

Jérôme Diesnis

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Le président du BLMA Franck Manna (au centre), aux côtés de la directrice sportive Edwige Lawson-Wade et du coach Thibaut Petit. Au premier plan (au téléphone), le maire de Lattes Cyril Meunier.
Le président du BLMA Franck Manna (au centre), aux côtés de la directrice sportive Edwige Lawson-Wade et du coach Thibaut Petit. Au premier plan (au téléphone), le maire de Lattes Cyril Meunier. — Jérôme Diesnis / Agence Maxele Presse
  • Le BLMA, club de basket de Lattes-Montpellier, dispute la finale retour de l’Eurocoupe, une semaine après s’être imposé 71-75 à l’aller en Russie.
  • Méconnu, son président Franck Manna, âgé de 51 ans, est à la tête d’un groupe hôtelier.
  • « L’une de ses forces est de savoir s’entourer », explique Edwige Lawson-Wade, directrice sportive du club.

Surprise. Lorsque la Marseillaise a retenti lors du premier match de la saison dans l’Hérault, les spectateurs se sont regardés, un peu interloqués. Avant de se lever. Six mois plus tard, c’est une tradition. « Pourquoi l’hymne national en championnat ?, interroge le président, Franck Manna. Pour annoncer la venue de la Coupe du monde féminine de football à Montpellier, pour les JO 2024 et parce que de nombreux pays, à commencer par les Etats-Unis, le font déjà. »

A 51 ans, le président du BLMA aime l’innovation. L’ancien directeur général du groupe Park & Suites, PDG de son propre groupe hôtelier, a pris les rênes du club la saison dernière. « J’ai toujours véhiculé les vertus du sport dans mon management : solidarité, compétitivité, bienveillance, explique-t-il. Sur les dix dernières saisons, j’ai sponsorisé beaucoup de clubs. Je ne suis pas arrivé au BLMA par hasard. Il était écrit que je prenne les destinées d’un club, celui-ci ou un autre. »

Moniteur de tennis

Lui-même moniteur de tennis, il a attrapé le virus du ballon orange par ses enfants, notamment sa fille, benjamine au club. Elu pour quatre ans (le BLMA est régi sous le statut d’une association loi de 1901), le Sétois a réussi à faire grandir le finaliste de l’Eurocoupe dans un environnement ardu. L’absence de transition avec son prédécesseur l’avait privé de latitude pour mener le recrutement en 2017, sans staff : Valéry Demory étant parti rejoindre l’Asvel de Tony Parker. Le tout dans un contexte politique tendu, entre les principaux partenaires financiers, les maires de Montpellier, Philipe Saurel (divers gauche) et de Lattes, Cyril Meunier (sans étiquette). « Mais c’est la force du sport de réunir des personnes qui peuvent, en dehors, ne pas s’entendre », souligne-t-il.

Franck Manna, au palais des sports de Lattes, quelqes semaines après sa prise de fonction en 2017
Franck Manna, au palais des sports de Lattes, quelqes semaines après sa prise de fonction en 2017 - Jérôme Diesnis / Agence Maxele Presse

« C’est un président passionné, loue Edwige Lawson-Wade, directrice sportive. Il m’impressionne tous les jours. Il a transformé le club à tous les niveaux, tout en gardant son identité. Il est humble, ambitieux, intelligent et sait s’entourer. En plus de ses obligations professionnelles et sa vie de famille, je me demande où il trouve l’énergie de faire tout ça. »

« Vivre l’aventure humaine »

Manna-Lawson, le ticket fonctionne. Comme lorsqu’il a fallu prendre la décision de la mise à l’écart en début de saison du coach Rachid Méziane, remplacé par Thibaut Petit. « Le BLMA ne m’a pas attendu pour décrocher des titres, reprend le président. Mon ambition c’est de le garder en haut de l’affiche, jusqu’en 2021 [la fin de son mandat]. On saura rivaliser avec les écuries qui construisent leur équipe à coups de chèques. L’aventure humaine, il faut la vivre. L’alchimie a pris, parce qu’Edwige a su réunir une bande de copines avec l’enveloppe que je lui ai fixée. »

Des copines talentueuses, quasiment toutes internationales en équipe de France ou ailleurs, proches d’un premier sacre européen, ce mercredi, contre les Russes d’Orenbourg. Vainqueurs de quatre points à l’aller (71-75), ses filles doivent terminer le travail…