Stade Toulousain: «Je ne me fais pas trop d’illusions»... Sofiane Guitoune ne croit pas à son retour en Bleu

RUGBY Encore intenable dimanche face à Lyon, Sofiane Guitoune plane sur le Top 14. Pourtant, le centre toulousain assure ne pas croire en ses chances de disputer la Coupe du monde au Japon avec le XV de France

Nicolas Stival

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Le trois-quarts centre du Stade Toulousain Sofiane Guitoune a inscrit trois essais face à Lyon au stade Ernest-Wallon de Toulouse, le 17 mars 2019 en Top 14.
Le trois-quarts centre du Stade Toulousain Sofiane Guitoune a inscrit trois essais face à Lyon au stade Ernest-Wallon de Toulouse, le 17 mars 2019 en Top 14. — R. Gabalda / AFP
  • Homme du match lors du carton du Stade Toulousain contre Lyon (53-21), Sofiane Guitoune a réussi un triplé. Son premier «depuis les cadets».
  • Plus vu en équipe de France depuis la Coupe du monde 2015, le trois-quarts centre qui fêtera bientôt ses 30 ans indique ne vouloir penser qu'à son club.

Mais qui arrêtera le Stade Toulousain cette saison ? Pas Lyon en tout cas. Troisième du Top 14 avant cette 19e journée, le LOU a explosé ce dimanche à Ernest-Wallon (53-21, sept essais à deux). Pour ce dernier match sans ses internationaux, retenus pour le Tournoi des 6 Nations, le leader a porté son record d’invincibilité à 13 rencontres.

Sofiane Guitoune n’a joué que la première mi-temps, écrasée par le Stade (46-14). Alliant placement efficace, inspiration et réalisme, le centre de bientôt 30 ans (le 27 mars) en a profité pour inscrire un triplé inédit en à peine une demi-heure. « Cela ne m’était pas arrivé depuis les cadets, je crois, sourit le kid de Vierzon. En pro, je n’en avais encore jamais mis. »

Intenable, comme son compère Pita Ahki ou l’arrière Cheslin Kolbe, Guitoune est toutefois sorti à la pause. « Rien de grave, rassure-t-il. J’ai pris un "pet" sur le mollet en début de match, le staff n’a pas voulu prendre de risque. »

Deux premières saisons toulousaines très compliquées

On comprend l’encadrement stadiste, à deux semaines du quart de finale de Coupe d’Europe chez le Racing 92. Arrivé de Bordeaux-Bègles à l’été 2016, l’ailier d’alors a vécu deux premières années toulousaines très compliquées, avec en point d’orgue une pubalgie plus que tenace. Sa renaissance depuis le début de saison, au poste de trois-quarts centre, est aussi inespérée qu’éclatante. De quoi justifier sa prolongation de contrat de trois ans en décembre dernier, jusqu’en 2022.

De quoi rêver aussi à un séjour cet automne au Japon avec les Bleus, pour celui qui n’a compilé jusqu’à présent que cinq petites sélections, la dernière contre la Roumanie lors du Mondial 2015 ( 38-11, doublé à la clé) ?

« La Coupe du monde, c’est dans moins de six mois. Je n’ai pas joué en équipe de France depuis quatre ans [depuis septembre 2015 en fait]. Je ne me fais pas trop d’illusions. L’objectif que je peux réaliser, c’est gagner quelque chose avec le Stade en fin de saison. Le choix de l’équipe de France, ça ne m’appartient pas. »

Pas sûr pourtant — doux euphémisme — que Guitoune ait grand-chose à envier à Geoffrey Doumayrou, titulaire samedi lors du gloubi-boulguesque Italie-France (14-25)…