Stade Toulousain: Non, Sofiane Guitoune n’est pas fini… Et il compte bien le prouver

RUGBY Après de longs mois de galère à cause d’une pubalgie, l’ailier du Stade Toulousain assure être revenu à son meilleur niveau…

Nicolas Stival

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L'ailier du Stade Toulousain Sofiane Guitoune lors du match de Top 14 à Grenoble, le 1er septembre 2018.
L'ailier du Stade Toulousain Sofiane Guitoune lors du match de Top 14 à Grenoble, le 1er septembre 2018. — R. Lafabrègue / AFP
  • Le Stade Toulousain, quatrième du Top 14 après un nul à Lyon et une victoire à Grenoble, dispute son premier match à domicile samedi contre La Rochelle.
  • Performant à Grenoble, l’ailier Sofiane Guitoune compte prouver qu’il garde les qualités qui en avaient fait un international.

 

Samedi contre La Rochelle, Sofiane Guitoune devrait enchaîner un deuxième match d’affilée avec le Stade Toulousain, après sa prestation remarquée lors du succès à Grenoble (20-23). C’est peut-être un détail pour vous, mais pour l’ailier de 29 ans, qui n’a disputé que 21 rencontres officielles depuis son arrivée en 2016, ça veut dire beaucoup.

« Sa performance à Grenoble a été de très haut niveau, souligne son entraîneur Régis Sonnes. C’est très satisfaisant et je suis content pour lui. » Car depuis trois saisons, Guitoune n’a pas toujours dit « tu » au bonheur. Les observateurs intermittents du rugby ont sans doute perdu sa trace depuis la Coupe du monde 2015.

Sofiane Guitoune, auteur de deux essais avec le XV de France contre la Roumanie en Coupe du monde, le 23 septembre 2015 à Londres.
Sofiane Guitoune, auteur de deux essais avec le XV de France contre la Roumanie en Coupe du monde, le 23 septembre 2015 à Londres. - H. Evans / Rex Shutterst / Sipa

Alors joueur de Bordeaux-Bègles, le trois-quarts avait signé un doublé en poule contre la Roumanie (38-11), lors de sa cinquième sélection en équipe de France. La dernière à ce jour. Depuis, le natif d’Alger a vécu une saison compliquée en Gironde, ponctuée de problèmes relationnels avec le manager Raphaël Ibanez, avant d’enchaîner par deux premières années toulousaines gâchées par des soucis physiques, en particulier une pubalgie très tenace.

J’avais déjà eu des blessures, comme les ligaments croisés [du genou], mais en six mois, c’était réglé. Là ça a duré un an et demi, alors qu’une pubalgie normalement, c’est trois mois. Tu te dis : “merde, peut-être que tu vas arrêter le rugby…” »

Ça, ce sont les paroles qu’un démon perché sur une épaule lui susurrait à l’oreille, façon cartoon. Mais de l’autre côté, un ange lui glissait : « Je ne vois pas pourquoi plein de joueurs sont revenus, et pas moi… »

Une forte concurrence à l’aile

Comme l’histoire est belle, le séraphin a gagné. Guitoune « le têtu » (c’est lui qui le dit) s’est accroché. « En fin de saison dernière, je ne jouais pas trop mais je sentais que je n’avais plus de douleur. Cet été, j’ai pu travailler, ce qui n’avait pas été le cas pendant deux ans. La dernière fois que j’avais eu des sensations comme celles-là, c’était avant de partir à Rio aux Jeux olympiques. »

A Colombes face au Racing 92 le 4 septembre 2016, peu après son arrivée à Toulouse.
A Colombes face au Racing 92 le 4 septembre 2016, peu après son arrivée à Toulouse. - Ch. Saïdi / Sipa

Nous étions alors à l’été 2016 et Guitoune, au sortir d’un ultime exercice frustrant avec l’UBB, avait été retenu comme réserviste en équipe de France à VII. Aujourd’hui, l’ancien joueur de Perpignan a retrouvé l’intégralité de ses moyens pour défier l’épaisse concurrence à son poste : Huget, Bonneval, Médard (actuellement blessé), Kolbe (sélectionné avec les Springboks), voire les récents champions du monde U20 Tauzin et Lebel. Et il brûle d’envie de prouver au monde du rugby qu’il n’est pas fini.