VIDEO. Monaco: Epées, armures et preux chevaliers... La Principauté accueille la première Ligue des Champions de béhourd

CA FRAPPE FORT Les dix meilleures équipes régionales mondiales s’affrontent à l’occasion du « Buhurt Prime »

Fabien Binacchi

— 

Les combattants enfilent des armures qui peuvent pese jusqu'à 30 kg
Les combattants enfilent des armures qui peuvent pese jusqu'à 30 kg — Buhurt league
  • Le béhourd est un sport de combat médiéval, en armes et en armures, qui rassemble plus de 300 licenciés en France.
  • Le premier Buhurt Prime, sorte de Ligue des Champions de la discipline, est organisé ce week-end à Monaco.
  • Il verra s’affronter les meilleures équipes régionales mondiales.

Ce samedi, à Monaco, les touristes auront-ils l’impression d’avoir été égarés dans « les couloirs du temps », façon Les Visiteurs ? Ambiance château fort et Moyen Âge, la Principauté accueille le Buhurt Prime Tournament, la toute première Ligue des Champions de combat en armes et en armures ce week-end.

Près d’une centaine de preux chevaliers, issus de différentes contrées (Allemagne, Angleterre, Danemark, France, Pologne, République tchèque, Russie ou encore Ukraine), vont s’affronter selon les spectaculaires règles du buhurt ou béhourd en français.

Une discipline qui rassemble aujourd’hui plus de 300 licensiés dans l'Hexagone et qui passionne notamment  Pierre Casiraghi. Le second fils de la princesse Caroline de Monaco en avait proposé une démonstration lors de son mariage.

« Le but est de faire tomber les adversaires »

« Il y a déjà des championnats internationaux de cette discipline, qui mettent en compétition des équipes nationales, mais c’est la première fois que les meilleures formations régionales vont se battre pour un titre », explique Anna Khramtsova, l’organisatrice de l’événement pour la très sérieuse Historical medieval battle international association (HMBIA).

Séparées en deux poules, dans des phases éliminatoires, puis propulsées jusqu’à une finale, dix équipes vont en découdre sous le chapiteau de Fontvieille, dans des combats épiques. A cinq contre cinq et selon les règlements officiels internationaux, calqués sur ceux édictées par René d'Anjou... au XVe siècle.

« Le but, c’est de faire tomber les adversaires. Dès qu’il y a plus de deux appuis au sol, on est éliminé », explique Christopher Pinto, 23 ans. Ce Parisien, cadre commercial à la ville, enfile dès qu’il le peut une armure de près de 30 kg, dont 7 kg de casque, pour s’adonner au béhourd, qu’il a découvert en se « passionnant pour l’histoire médiévale ».

« J’ai vu un documentaire sur Internet et j’ai tout de suite adoré. Je pratiquais déjà d’autres sports de combat, mais avec celui-là, il y a tout un univers et une ambiance », détaille-t-il.

« C’est de l’acier, mais il est émoussé »

Lui fait partie de l'équipe Martel, l’un des deux groupes français en compétition. « En plus de l’armure, on porte tous un bouclier et une arme », indique encore Christopher Pinto. Et les épées, haches ou autre fauchons (une sorte de sabre), ne sont pas vraiment en plastique. « C’est de l’acier, mais il est émoussé », rassure-t-il.

Et ça frappe fort. Mais les règles sont aussi très strictes. Les coups d’estoc (la pointe de l’arme en avant) mais aussi les coups derrière les genoux, aux pieds, aux parties et à la nuque sont formellement interdits. « C’est très impressionnant mais pas violent, tranche Anna Khramtsova. Les compétiteurs ont différents niveaux de protection en plus de leur armure. Il n’y a pas de sang contrairement à d’autres sport de combat. »

« J’ai déjà eu des déchirures musculaires et quelques fractures, mais rien de bien méchant », confesse tout de même le jeune combattant parisien. Il reconnaît : « Un coup de fauchon, ça peut faire très mal. Mais bon, il y a eu des études et il paraît qu’en termes de commotions, on est au même degré qu’une course de VTT à haut niveau. »

Lui et ses camarades du blason Martel sortiront-ils vainqueurs de ce Choc des Titans ? Réponse ce samedi soir. En attendant encore d’autres Buhurt Primes. « Nous allons travailler pour faire ce rendez-vous tous les ans à Monaco », indique Anna Khramtsova.