VIDEO. «Sans ma maladie, je n’aurais jamais effectué tout ça»… Découvrez les bluffants défis sportifs d’Armand Thoinet

PORTRAIT Armand Thoinet, un Isérois de 25 ans souffrant depuis 2012 de la sclérose en plaques, enchaîne les défis sportifs

Jérémy Laugier
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Armand Thoinet, ici en juin dernier lors d'un triathlon qu'il s'est lui même organisé, avec notamment le tour du lac Léman en kayak.
Armand Thoinet, ici en juin dernier lors d'un triathlon qu'il s'est lui même organisé, avec notamment le tour du lac Léman en kayak. — Armand Thoinet
  • Armand Thoinet va participer l’été prochain à une colossale aventure de 300 km en kayak (avec 11 partenaires) au niveau de l’île du Spitzberg (Norvège).
  • Cet Isérois de 25 ans, qui souffre de la sclérose en plaques depuis 2012, n’en est pas à son premier défi sportif.

Le 28 juillet prochain, Armand Thoinet va s’envoler vers  l’île du Spitzberg (Norvège), entre océan Arctique et mer du Groenland, où l’attend la plus grande aventure de sa vie. Cet Isérois de 25 ans va en effet partir pour deux semaines et 300 km en kayak en autonomie complète. « Lorsqu’on m’a diagnostiqué la sclérose en plaques, en mars 2012, je n’aurais jamais imaginé faire des choses folles comme ça, soupire-t-il. D’ailleurs, sans ma maladie, je n’aurais jamais effectué tout ça non plus. »

Car la vie d’Armand a totalement basculé juste avant son 19e anniversaire. En apprenant la gravité de sa maladie, il se « renferme » aussitôt. « D’un coup, je vivais sans but, sans la moindre visibilité. Je suis passé à deux doigts du suicide », confie ce sportif de toujours, notamment privé de sa passion pour le rugby. « Si on m’enlevait le rugby, ce n’était pas la peine, indique-t-il. J’étais frustré de me rendre aux matchs de mon équipe [Pont-de-Chéruy en Isère] sans pouvoir être sur le terrain. »

« Cette maladie est neuroévolutive et pas forcément neurodégénérative »

« Secoué » par deux amis et sa sœur, Armand se reprend en 2014 en démarrant à la fois une licence pro dans les travaux publics à la Doua (Villeurbanne) et un suivi psychologique. Dans sa quête d’une « vie normale », il cible alors son principal manque, le sport. Pour éviter de « se comparer à son niveau d’avant la maladie », il opte pour une nouvelle discipline, le kayak. Seulement trois mois après ses débuts, en mai 2015, il se lance un premier défi solo, et de taille : 250 km parcourus en 12 jours pour un demi-tour de Corse qui va tout déclencher. Parachute, parapente, chiens de traîneau, il multiplie alors les découvertes malgré plusieurs rechutes.

Son demi-tour de Corse en kayak en 2015 a déclenché son goût de l'aventure.
Son demi-tour de Corse en kayak en 2015 a déclenché son goût de l'aventure. - Armand Thoinet

En mars 2017, il effectue 210 km en tandem entre Lyon et Montélimar puis 145 km en marchant de Chalon-sur-Saône à Lyon dans la foulée. Une sacrée performance pour un jeune homme qui pouvait « à peine marcher 300 m » cinq ans plus tôt. « C’est bien la preuve que cette maladie est neuroévolutive et pas forcément neurodégénérative. On ne maîtrise pas tout mais on peut être acteur de sa santé. On se rend notamment compte que le mental prend le relais et fait la différence quand on se sent mal physiquement. »

Il manque 25.000 euros aux 11 aventuriers pour boucler leur défi

Armand Thoinet, qui a « appris à ne plus se fixer de limites », franchit un nouveau cap en juin dernier. Il organise avec des amis son propre triathlon d’un mois entre Evian, Lyon et le Puy-en-Velay. Au menu 685 km partagés entre kayak sur le lac Léman, marche, tandem et handbike. Une reconnaissance surprise tombe alors : celui qui vit désormais à Villeurbanne (Rhône) devient ambassadeur « sport et handicap » auprès de la Région Auvergne-Rhône-Alpes. Avec trois autres Rhônalpins touchés par la sclérose en plaques ainsi que sept « valides », dont deux guides, un médecin et un réalisateur, le voici lancé vers le Grand Nord.

8 des 11 membres de l'aventure au Spitzberg, ici en novembre dernier lors d'un entraînement dans le golfe du Morbihan (Bretagne).
8 des 11 membres de l'aventure au Spitzberg, ici en novembre dernier lors d'un entraînement dans le golfe du Morbihan (Bretagne). - Armand Thoinet

Cette aventure « Hustive » à kayak est un projet d’envergure de 60.000 euros (il manque encore 25.000 euros aux organisateurs), qui tient à « sensibiliser les gens au réchauffement climatique ». « On veut aussi redonner de l’espoir aux malades en leur montrant qu’ensemble, on peut aller au bout du monde », annonce Armand Thoinet, déjà amusé à l’idée « d’assurer des tours de garde la nuit pour surveiller les ours polaires ».

Pour suivre Armand dans ses aventures, rendez-vous sur les réseaux sociaux, avec notamment Facebook et YouTube, ainsi que le site des défis d’Armand. Contact : lesdefisdarmand@gmail.com