Demi-finale contre la Russie: la leçon espagnole

A Vienne, Antoine Maes

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Daniel Güiza après son but lors de la demi-finale de l'Euro 2008, le 26 juin 2008.
Daniel Güiza après son but lors de la demi-finale de l'Euro 2008, le 26 juin 2008. — REUTERS/Robert Zolles

Les Viennois avaient eu droit à des séances de tirs au but lors des deux quarts de finale disputés dans la capitale autrichienne. Il a fallu beaucoup moins de temps à l’Espagne pour vaincre une Russie méconnaissable.

Archavine transparent

Entre deux éclairs dans la nuit viennoise, le virage russe du Ernst Happel s’est un peu inquiété, en première période. En passant de la Suisse à l’Autriche, la magie slave a un peu perdu de sa superbe. De passes à contre-temps en contrôles manqués, la Russie a fait d’un Pavlyuchenko abandonné du reste de l’équipe sa seule arme offensive. Un coup-franc au-dessus pour commencer (13e), mais surtout une immense frappe enroulée enlevé de sa lucarne par Casillas (30e). Archavine? Transparent. "En fait, on a senti aussi vite qu'il n'était pas à leur meilleur niveau" révèle Marcos Senna, le milieu de terrain espagnol.

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Côté ibère, c’est un peu l’inverse. Le danger vient de partout, mais trop gentiment. Torres arrive à se retourner en pleine surface mais écrase sa frappe (6e). Silva se démarque mais balance un tir minuscule (10e). Et sur une pelouse détrempée, Villa envoie un coup-franc avec le petit rebond qui va bien (25e). Pas franchement menaçants, les hommes d’Aragones, mais vraiment relax.

A la pause, l’entraîneur espagnol a dû pousser un sacré coup de gueule. Ses joueurs devaient arrêter de craindre cette Russie là. Le message a été plus qu’entendu. Au bout de cinq minutes, Xavi décale Iniesta, qui rend la politesse à son coéquipier au Barca (1-0, 50e). Têtes baissés, les Russes sont tout d’un coup minuscules. Et la Roja, tout en doré, enchaîne les séquences de passe à 10. Apparemment, le gaz russe s’est consumé en quart de finale. Torres mange deux balles de break en une minute (60e), et les coéquipiers du toujours transparent Archavine n’en profitent pas.

Comme quinze jours plus tôt

Aragones, qui sent bien que rien de bon ne peut sortir des pieds d’en face, se permet de sortir deux piliers, Torres et Xavi. En plus de Villa, touché aux ischios-jambiers, et très incertain pour la finale de dimanche. Ca ne met pas fin au déluge. Sur son premier ballon, Güiza, servi sur un plateau par Fabregas, rapproche l’Espagne de la finale (2-0, 72e). Têtes basses, les Russes n’en ont pas encore fini avec leur calvaire. Silva se permet d’inscrire le dernier but (3-0, 81e). Pour la forme, Sytchev place une tête sortie par Casillas, pour la seule occasion russe de la seconde période (85e).

Finalement, pas grand-chose n’a changé en quinze jours. Lors de la phase de poule, l’Espagne en avait passé quatre aux Russes, qui n’en avaient marqué qu’un seul. La marge était déjà énorme, elle l’est encore au bout de cet Euro. "Maintenant, on va voir si les gens vont arrêter de dire qu'on ne gagne des titres qu'en -16, -18 ou -20 ans. On va voir si, enfin, on va pouvoir ajouter une ligne au palmarès de la Roja" clame Andres Iniesta, enfin décisif.

De la Russie, ne reste que l’image d’une prolongation sublime face aux Pays-Bas en quart de finale. Et un énorme goût d’inachevé dans la bouche. "On a été battu par plus fort que nous. Mais il ne faut pas oublier tout ce qui a été fait avant" lance de son côté Guus Hiddink, déçu mais pas abattu.