Les Turcs ne veulent pas croire au miracle
EURO2008•Ils croient tout court à leur victoire face à l’Allemagne, en demi-finale de l'Euro...Pierre Koetschet (à Bâle)
«Dans un pays qui connaît tellement de crises, où les gens ne sont pas forcement tolérants, nous montrons que quand le sujet est le foot, tout le monde se réunit. Notre équipe uni tout le pays et même au-delà.» Fatih Terim avait simplement à répondre à une question sur le nombre d’absents (quatre suspendus et cinq blessés) pour disputer la demi-finale face à l’Allemagne, mais dans la moiteur étouffante des sous-sols du parc Saint-Jacques de Bâle, «l’Empereur» a préféré jouer aux prophètes œcuméniques. «Si vous chercher un miracle, le fait que des gens de différents pays, de différentes religions communiquent sous un même drapeau, c’est un miracle.»
Un match à suivre en live-comme-à-la-maison sur 20minutes.fr
Il l’a répété plusieurs fois, Fatih Terim refuse toute explication surnaturelle. «Je ne crois ni à la malchance, ni aux miracles». «On beaucoup travailler pour créer une équipe ambitieuse, qui croit en elle. Notre équipe joue des matchs excitants. Nous transmettons des messages sur la vie, pas que sur le foot.»
Pour le message sur le foot, Fatih Terim serait bien embêté: comment former une équipe avec seulement quatorze joueurs disponibles, et les deux seuls buteurs de la compétition blessés ou suspendus. Et comment faire croire aux quatorze rescapés qu’ils ont une chance face à la toute-puissante Mannschaft, quatre victoires en cinq demi-finales de l’Euro? Fatih Terim a déjà commencé son travail de persuasion: «je ne veux pas chercher d’excuses. Nos remplaçants seront aussi bons que les joueurs absents. Nous avons peut-être des problèmes de blessés, mais ni moi, ni les joueurs, ne pensons que nous avons déjà atteint nos objectifs.»
La rationnelle et méthodique Mannschaft devra se méfier de la Turquie et de son prophète.


















