JO 2024: Un an après l'attribution, Paris a connu des coups de chaud mais a tenu ses promesses

JEUX OLYMPIQUES La première année d'organisation a parfois été compliquée, notamment dans le dossier du centre aquatique, mais les dirigeants parisiens n'ont pas renié leurs principes...

Nicolas Camus

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Tony Estanguet, le président de Paris-2024, lors de la visite de la commission de coordination du CIO à Paris, le 18 juin 2018.
Tony Estanguet, le président de Paris-2024, lors de la visite de la commission de coordination du CIO à Paris, le 18 juin 2018. — ISA HARSIN/SIPA

Ce n’était plus une surprise mais ça n’a pas empêché l’ensemble de la délégation française d’être saisi par une grande émotion. Il y a un an, le 13 septembre 2017, Paris obtenait l’organisation des Jeux olympiques 2024. La récompense de  cinq années de travail acharné. Depuis, quelques événements d’envergure ont été organisés pour continuer à sensibiliser la population, notamment les plus jeunes.

Mais ces douze derniers mois ont surtout servi à revoir tout le concept des Jeux, site par site. Histoire de graver dans le marbre les belles promesses du dossier de candidature. L’héritage et la maîtrise budgétaire, qui en étaient les piliers, semblent toujours au cœur du projet.

Une alerte sur la sensible question des dépassements budgétaires

Si l’ambiance est morose au sein du mouvement sportif, qui doute des intentions de l’Etat après les annonces récentes, les Jeux sont eux « sur de bons rails », comme l’a dit le président du Comité d’organisation (CoJo) Tony Estanguet mercredi. Comme on pouvait s’y attendre sur un projet d’une telle envergure, tout n’a pas été simple. Il y a eu notamment une alerte sur la si sensible question des dépassements budgétaires, concentrée sur le centre aquatique de Saint-Denis.

Fin mars, un rapport d’experts de l’Inspection générale des finances pointait un risque de surcoût potentiel de 160 à 170 millions d’euros sur cet équipement emblématique des futurs JO, qui devait coûter 130 millions. Le genre de chiffre qui vous fait perdre des points de sympathie dans l’opinion publique.

Le CoJo a réuni l’Etat, les collectivités et la Fédération de natation pour trouver une solution. Compliqué. Chaque partie vient avec une idée très précise des concessions qu’il ne fera pas. Les uns ne voulaient pas augmenter les dépenses publiques, les autres ne pas céder sur le leg à la population locale, ou la formation de futurs champions.

Le CoJo a réuni l’Etat, la Société de livraison des équipements olympiques (Solideo), les collectivités et la Fédération de natation pour trouver une solution. Compliqué. Chaque partie vient avec une idée très précise des concessions qu’il ne fera pas. Les uns ne voulaient pas augmenter les dépenses publiques, les autres ne pas céder sur le leg à la population locale, ou la formation de futurs champions. « Ce n’est pas facile parce qu’il faut trouver des accords politiques, mais ça n’a pas été tendu non plus, retrace Anthony Piqueras, le directeur des sites et infrastructures de Paris 2024. Tout le monde a été constructif. En même temps, personne n’aurait intérêt à sabrer les Jeux. » C’est vrai, mais le bon sens ne l’emporte pas toujours.

Moins d’investissements publics

Les discussions ont été très nombreuses, pour aboutir finalement à un projet hybride, satisfaisant pour tous. Le site sera composé de deux bassins pérennes, mis à disposition des habitants et élèves du 93 après les Jeux, et de trois autres temporaires, qui seront démontés et réimplantés dans le département. Le tout pour un investissement public moindre, de l’ordre de 80 millions d’euros, car le CoJo prend à sa charge le surcoût lié aux équipements temporaires. S’ajoutent à cela la rénovation et construction de quatre piscines et une enveloppe de 15 millions promise par l’Etat pour participer au « plan piscine » du département, sinistré en la matière.

« On est arrivé à un bon équilibre », juge Mathieu Hanotin, le conseiller départemental délégué au Sport et à l’organisation des grands événements. Pour l’élu, l’exemple du centre aquatique montre la bonne volonté du CoJo de ne pas s’éloigner de ses promesses. Mais ce n’est que le début. « On est dans un état d’esprit de collaboration positive, dit-il. Mais la confiance n’exclut pas le contrôle. Il faut être en permanence là pour faire valoir nos intérêts. La question n’est pas de savoir si on va organiser de beaux Jeux, ça c’est une évidence. Elle est de savoir si autour, on va réussir à créer une dynamique pour le territoire. Ça, ce n’est pas écrit, et c’est à nous tous de le faire. » Pour l’instant, tout le monde est raccord.