OL: S'agit-il vraiment de la meilleure attaque lyonnaise de l'histoire?

FOOTBALL Avec déjà 72 buts inscrits avant les cinq dernières journées de Ligue 1, dont un déplacement à Dijon ce vendredi (21 heures), l'OL s'apprête à battre un record cette saison...

Jérémy Laugier

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Memphis Depay est félicité par Bertrand Traoré, Nabil Fekir et Tanguy Ndombele après son but, samedi face à Amiens (3-0). PHILIPPE DESMAZES
Memphis Depay est félicité par Bertrand Traoré, Nabil Fekir et Tanguy Ndombele après son but, samedi face à Amiens (3-0). PHILIPPE DESMAZES — AFP
  • A la lutte avec l’OM pour la troisième place, les Lyonnais s’appuient notamment sur une attaque de feu, avec 72 buts inscrits en 33 journées de championnat.
  • Des statistiques qui devraient vite constituer un record sur une saison de L1, sans pour autant garantir une véritable force offensive collective.

« Pas de fonds de jeu, aucun principe, aucune complémentarité et que des exploits individuels. » Bruno Genesio était taquin et ironique avec les médias, mercredi, au moment de décrypter la réussite de l’attaque lyonnaise. Avant de se déplacer ce vendredi (21 heures) à Dijon, celle-ci est sur le point de battre le record de buts inscrits sur une saison de Ligue 1 dans l’histoire du club. Avec 72 réalisations au compteur à cinq journées de la fin, cet OL 2017-18 devrait en effet faire mieux qu’il y a deux ans (77 buts) mais aussi que lors de deux grandes saisons de titre (73 et 74 en 2005-06 et en 2007-08).

Comment cette équipe loin d’être certaine de finir sur le podium du championnat peut-elle faire plus de dégâts dans les défenses adverses que celles des sept titres consécutifs portées par Sonny Anderson, Juninho ou Karim Benzema ? Septuple champion de France avec son club formateur, Sidney Govou a son avis sur la question.

Il y a dix ans, quand un attaquant s’approchait des 20 buts en Ligue 1, c’était quelque chose d’énorme. Le niveau du championnat a selon moi nettement baissé. Mettez Sonny Anderson à l’OL cette saison, il serait à 40 buts ! »

57 buts inscrits au total pour les quatre attaquants !

A eux quatre, Mariano Diaz (18, touché à l’épaule et forfait à Dijon), Nabil Fekir (16), Memphis Depay (14) et Bertrand Traoré (9) cumulent pas moins de 57 buts. « Quand ils sont en verve, ça peut faire mal devant, peut-être davantage qu’avec nous à l’époque où nous avions Sonny comme unique très grand buteur », constate l’ancien latéral droit Jean-Marc Chanelet, champion à Lyon en 2002 et 2003. L’OL a notamment éclaté les compteurs à cinq reprises cette saison, en étrillant Strasbourg, Troyes, l’ASSE, Nice et Metz avec au moins quatre buts d’écart.

Redevenu sérieux, Bruno Genesio revient sur la force offensive d’une équipe qui pourrait encore se faire plaisir ce vendredi à Dijon : « Pour marquer des buts, il faut bien évidemment du talent et des qualités individuelles, comme à Barcelone, au PSG ou au Real. Mais lorsqu’on en marque beaucoup, je pense qu’il y a autre chose derrière. Il y a aussi des mouvements, de la complémentarité et des choses mises en place à l’entraînement ».

« L’OL a davantage brillé par ses éclairs individuels »

Malgré une moyenne de 2,18 buts par match en L1, la complémentarité vantée par le coach lyonnais n’a pas sauté aux yeux si souvent. On a même souvent frôlé l’individualisme criant. « Ça ne me semble pas infondé d’affirmer que l’OL a davantage brillé par ses éclairs individuels que par ses actions collectives, confie Jean-Marc Chanelet. Mariano, Depay et Traoré oublient parfois de servir leur coéquipier mieux placé. Quand on y repense, il y avait une telle force collective avec Gérard Houllier [de 2005 à 2007]. »

S’il faisait partie de cette équipe, Sidney Govou se réjouit de la réussite offensive actuelle de l’OL. « Je leur souhaite de tout casser car je suis content d’emmener mon fils voir autant de buts au stade, sourit l’ancien attaquant international. Mais on ne peut pas comparer les époques. » Dommage, ça nous faisait presque sourire de noter que « Sonnygoal » avait inscrit moins de buts que Mariano, Fekir et Depay lors de ses deux dernières saisons à Lyon (14 et 12 entre 2001 et 2003).