VIDEO. CSKA-OL: «On jouait sur de la terre avec des copeaux de bois»… Sidney Govou revient sur son raté de 2001 à Moscou

FOOTBALL Malheureux 17 ans plus tôt dans un match qui aurait pu envoyer les Lyonnais en quart de finale de Ligue des champions, l’ancien attaquant international présente pour « 20 Minutes » le choc CSKA Moscou-OL de ce jeudi (19 heures)…

Propos recueillis par Jérémy Laugier

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Sidney Govou s'est offert une photo collector, le 13 mars 2001, sur la place Rouge à Moscou, à la veille du match de Ligue des champions contre le Spartak.
Sidney Govou s'est offert une photo collector, le 13 mars 2001, sur la place Rouge à Moscou, à la veille du match de Ligue des champions contre le Spartak. — GERARD MALIE / AFP
  • Sidney Govou a encore bien en tête son duel manqué, en mars 2001 à Moscou, qui a coûté, en fin de match, un quart de finale de Ligue des champions à l’OL.
  • Dix-sept ans plus tard, l’ancien attaquant lyonnais s’est confié à « 20 Minutes » pour présenter le 8e de finale aller de Ligue Europa, ce jeudi (19 heures), entre le CSKA Moscou et son club de cœur, privé de Nabil Fekir.

Dans l’imaginaire lyonnais, qui dit match de Coupe d’Europe de l’OL déterminant en mars à Moscou dit Sidney Govou et un duel manqué synonyme d’élimination. Ce Lyon alors coaché par Jacques Santini était donc resté bloqué en deuxième phase de poule de Ligue des champions 2000-2001, aux portes des quarts de finale (on vous parle d’un temps…). Contacté par 20 Minutes, l’ancien attaquant international a accepté de se replonger dans ce mauvais souvenir du 14 mars 2001 face au Spartak Moscou (1-1). Mais aussi de juger la mauvaise dynamique actuelle de l’OL avant le 8e de finale aller de Ligue Europa, ce jeudi (19 heures) contre le CSKA.

Cette fameuse balle de quart de finale de Ligue des champions (à 10'44'' sur la vidéo ci-dessus), vous la manquez surtout à cause d’une pelouse désastreuse, non ?

C’était de la terre avec des copeaux de bois peints en vert. Ça permettait d’avoir un bon rendu à la télévision mais pour jouer au foot, c’était plus compliqué. J’aurais certainement dû la mettre quand même, peut-être avec une balle piquée. Mais quand vous jouez sur un terrain en terre, ça n’aide pas à faire le bon geste.

Une semaine plus tôt, vous étiez le héros du succès majeur (3-0) contre le Bayern Munich à Gerland…

C’est pour ça qu’il y avait vraiment beaucoup de déception dans le vestiaire. Je me souviens que des dirigeants, que je ne nommerai pas, m’avaient reproché mon raté à la fin, ce que j’avais très mal pris. Peut-être parce que j’étais jeune, ils s’étaient permis de me dire « Comment as-tu pu manquer ça ? ». Des choses qu’on ne dit pas à un joueur à la fin d’un match.

L’OL devrait évoluer à -7 degrés pour son 8e de finale aller contre le CSKA jeudi. Quel souvenir gardez-vous du froid lors de votre match à cette même période à Moscou ?

J’ai connu beaucoup plus froid, notamment en Norvège contre Rosenborg. C’est vraiment le terrain qui m’a le plus marqué à Moscou. Et puis les équipements pour lutter contre le froid ne sont pas les mêmes maintenant. Aujourd’hui, il existe des chaufferettes dans les chaussures et même des gants électroniques et auto-chauffants.

Comment sentez-vous cet OL actuellement à la peine en Ligue 1 avant ce rendez-vous déterminant ?

Je ne suis pas spécialement critique après leur match à Montpellier où beaucoup d’autres galèrent. Ils sont revenus au score (1-1) donc il s’est peut-être passé quelque chose dans l’état d’esprit. Mais sur les matchs d’avant, il n’y avait pas de vie. J’ai du mal à cerner le réel niveau de l’équipe. Quand tu perds Lacazette, Tolisso, Gonalons, Valbuena et Jallet, tu ne peux pas être meilleur en termes d’expérience et de jeu.

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Croyez-vous à la possibilité de voir, un peu comme la saison passée, un OL avec deux visages assez différents entre la Ligue 1 et la Ligue Europa ?

Sur le court terme pourquoi pas, mais pas sur le long terme. Quand tu as autant d’incertitudes en championnat, à un moment donné ça ne passera pas en Coupe d’Europe.

On a la sensation qu’historiquement, pour un club français, un match en Russie se joue forcément « à l’arrache ». Raisonne-t-on aussi ainsi quand on est joueur ?

Non, tu penses seulement comme ça quand tu n’es pas sûr de toi. En Coupe d’Europe, tu peux être amené à galérer dans de nombreux contextes, pas plus en Russie qu’ailleurs. Quand tu es sûr de toi, tu sais que tu auras des moments forts et que tu vas le faire.

Que vous inspire l’absence de Nabil Fekir pour ce 8e de finale aller ?

C’est le capitaine, le meilleur joueur, et quelqu’un de décisif dans le jeu. Sur un match, l’OL peut s’en passer et va de toute façon devoir gérer autrement. C’est un vrai handicap à la base mais il peut se transformer en une prise de conscience des uns et des autres. On a vu que pour le PSG, ça n’a pas marché contre le Real sans Neymar. A notre époque, si Juni n’était pas là, on savait qu’on pouvait quand même exister sans lui. Vous ne pouvez pas reposer toutes vos attentes sur un joueur. Après, ça dépend du caractère de l’équipe…