• En l’emportant (3-0) samedi contre Amiens, l’OL met une certaine pression aux Marseillais avant leur déplacement ce dimanche (17 heures) à Troyes.
  • Lâchés à cinq points de l’OM et du podium il y a un mois, les Lyonnais restent sur cinq succès de rang en Ligue 1 en s’appuyant notamment sur la forme éclatante de Memphis Depay et sur un nouveau système de jeu en 4-4-2 en losange.

Mine de rien, claquer un 3-0 bien net contre la 3e meilleure défense de Ligue 1, Amiens, n’est pas anodin. L’OL a bien trop souvent galéré à domicile cette saison face à des équipes de la deuxième partie de tableau (n’est-ce pas Dijon, Lille et Angers ?) pour ne pas savourer pareil succès. 62 % de possession de balle, 25 tirs à 5 au final, un retour assez tonitruant de Nabil Fekir, un troisième clean sheet consécutif et une cinquième victoire de rang en L1 (une série inédite depuis janvier 2015)… Les motifs de satisfaction ne manquent pas côté lyonnais.

« On a su éviter un piège aujourd’hui, apprécie Lucas Tousart. Ça nous redonne un peu le moral après les périodes compliquées qu’on a passées. A nous de ne pas nous relâcher pour aller chercher nos objectifs. » On ne va pas se mentir, après le couac monumental en Ligue Europa contre le CSKA Moscou (1-0, 2-3) il y a un mois, on imaginait mal cette équipe combler un déficit de cinq points sur l’OM pour retrouver une place sur le podium.

« Le match à Marseille a été un élément déclencheur »

« On a été capable de réagir après ce gros coup dur, constate fièrement Bruno Genesio. Le match à Marseille (2-3 le 18 mars) a été un élément déclencheur. Il a permis à tout le groupe de se fédérer autour de ce résultat et d’acquérir plus de confiance et de sérénité. » La mainmise quasi-totale sur le jeu affichée d’emblée samedi, dans le sillage d’un Tanguy Ndombele inspiré, valide la dynamique d’une équipe ayant trop souvent ronronné cette saison.

« Nous avons mis beaucoup d’intensité dans ce match, confirme le défenseur central brésilien Marcelo. Je crois en nous avant ces cinq derniers matchs. Pensons à nous et pas aux résultats de Marseille. » Trois jours après une qualification épique pour les demi-finales de Ligue Europa, l’OM pourrait déjà perdre gros en Ligue 1, ce dimanche (17 heures) à Troyes.

« Ça nous permet de travailler davantage la tactique »

Car les Marseillais, euphoriques sur la scène européenne, débuteront cette rencontre guère exaltante de championnat avec trois points mais aussi dix buts de retard sur Lyon. Vous nous voyez venir avec le fameux couplet très français du « ça peut être un mal pour un bien » après une piteuse élimination ? A l’écouter, Bruno Genesio a même profité de ce coup du sort pour se pencher, pour la première fois depuis plus de deux ans, sur la pertinence (presque déjà avérée) d’un système en 4-4-2 en losange.

« C’est l’avantage de n’avoir qu’un match par semaine, même si on le regrette puisqu’on n’est plus en Coupe d’Europe. Ça nous permet de travailler davantage la tactique », explique l’entraîneur lyonnais, qui a du même coup installé Memphis Depay dans l’axe. Depuis qu’il ne se disperse plus dans ses numéros de dribbles sur l’aile gauche, l’international néerlandais reste sur quatre buts et cinq passes décisives… en trois matchs !

« Memphis est à la fois décisif et exemplaire »

Un carnage total, certes face à Toulouse, Metz et Amiens, qu’a notamment constaté Lucas Tousart. « Depuis qu’il est recentré, c’est vrai que Memphis est capable de très bonnes performances. Il a encore fait un match complet là. » Une rencontre qu’il a symboliquement débloquée en servant sur un plateau Mariano Diaz (1-0, 30e), après avoir passé le plus clair de son temps cette saison à livrer avec lui un battle acharné du plus impitoyable soliste lyonnais de la saison. Les temps ont bien changé et Bruno Genesio ne s’en cache pas.

« Memphis est décisif : il fait marquer et il marque. Ce qui me plaît énormément, c’est son attitude et son comportement dans le jeu de l’équipe. C’est quelque chose d’un petit peu nouveau. Il est sur le très bon chemin. On sait que c’est un grand joueur et il est en train de le démontrer. Il se sent épanoui dans ce rôle, il est à la fois décisif et exemplaire. »

Tous ces facteurs favorables prouvent-ils que le vent a clairement tourné dans cette lutte pour une qualification en Ligue des champions (que l’OM pourrait aussi obtenir en remportant la Ligue Europa) ? « C’est encore trop tôt pour affirmer qu’on met la pression à Marseille », nuance Bruno Genesio. L’improbable série de cinq succès consécutifs en L1 pousse Marcelo à prendre nettement moins de pincettes : « En continuant comme ça, on est même capable d’aller chercher la deuxième place ». L’OL serait dans ce cas de figure bien au-delà du coup parfait.