FC Nantes: Pourquoi les Canaris ne devraient pas retrouver l'Europe en fin de saison

FOOTBALL Le FCN est actuellement 8e et toujours en bonne position pour se qualifier pour l'Europa League, mais...

David Phelippeau

— 

Nantes n'est pas KO encore, mais ça pourrait venir...
Nantes n'est pas KO encore, mais ça pourrait venir... — LOIC VENANCE / AFP
  • Les Canaris ont chuté de la 5e place de la L1 à la 8e place après leur défaite (0-3) contre Saint-Etienne, dimanche.
  • De multiples raisons peuvent expliquer ce déclin nantais, mais 20 Minutes en a retenu quatre.

Un déclin sans fin ? Le FC Nantes cale au plus mauvais moment de la saison. Dans le money-time. A 7 journées de la fin de l’exercice 2017-2018, les Canaris, qui n’avancent plus depuis plusieurs semaines, ont fini par reculer à la 8e place de la L1. L’écart comptable n’a évidemment rien de rédhibitoire car le FCN ne compte que deux points de retard sur le 5e Rennes. Pourtant, l’essoufflement des hommes de Ranieri ne laisse rien augurer de bon pour la fin de saison. L’Europe, qui semblait être promise au FCN pour bon nombre d’observateurs il y a quelques semaines [Nantes a squatté la 5e place minimum de mi-octobre à mi-février], s’est (presque) transformé en chimère. Pourquoi l’Europe, ça devrait être « non » pour Nantes.

Parce que Nantes est la pire équipe actuelle du club des cinq en 2018. A priori, ils sont 5 pour deux places potentiellement européennes (5e et 6e de L1). Montpellier, Rennes, Nice, Nantes et l’invité de dernière minute : Saint-Etienne. Les Stéphanois se sont « remis » dans la course à l’Europe, dimanche, en s’imposant (0-3) à… Nantes. Les Verts sont la formation la plus prolifique en termes de points depuis janvier (4e de L1 sur la phase retour). Rennes est 5e, Montpellier 7e et Nice 8e. Les Canaris, qui auront néanmoins la chance de recevoir Rennes, puis Montpellier avant le gong final, sont à la traîne à la 14e place avec 2 succès seulement en 12 rencontres.

Parce que la réussite insolente est devenue indolente en 2018. « On n’a plus la réussite qu’on avait en première partie de saison ». Chaque week-end ou presque, les Canaris répètent inlassablement ce constat d’échec. Sur les 5 premiers mois, le taux de réussite offensive sur beaucoup de matchs frisait sans doute parfois les 100 %. Personne n’a oublié contre Guingamp (2-1) ce but ultra-chanceux de Touré entre les jambes du gardien de but breton. Il résume à lui seul l’insolente réussite nantaise du début de saison. D’août à mi-décembre : 10 victoires par 1 but d’écart.

Parce que Sala commence vraiment à tirer la langue en 2018. Sa façon de jouer implique un investissement total. Seul en pointe, Emiliano Sala ne compte pas ses kilomètres. Auteur de 12 buts en L1 cette saison, celui qui devrait sans doute quitter la Jonelière cet été n’a marqué qu’un but sur les quatre dernières rencontres. Contre Saint-Etienne, dimanche, il a manqué le 1-1 en ouvrant trop son pied seul face à Ruffier. Il semble moins tranchant et paraît fatigué. Qui pour le relayer à ce poste ingrat en pointe ? Pas grand monde. Sigthorsson est de retour à l’infirmerie. Coulibaly est empêtré dans une histoire médicale qui pour l’heure l’empêche de jouer un match officiel [il utilise un produit non autorisé en France, dans le cadre de ses soins]. Quant à Ngom, Ranieri semble le juger trop léger pour l’heure.

Parce que certains dossiers pourraient bien polluer la fin de saison. Ça relève souvent de l’inconscient. Le FC Nantes doit se préparer à une refonte importante de son effectif cet été. En interne, le sujet inquiète. Certains joueurs - et pas des moindres - (Diego Carlos, Lima, Rongier, Nakoulma, Sala, encore sous contrat, plus Thomasson, Iloki et Dubois, en fin de contrat) ont de grandes chances de quitter la Jonelière… Même si les joueurs affirment toujours être focalisés sur la saison actuelle, l’incertitude quant à leur avenir, les sollicitations d’autres clubs etc. polluent obligatoirement leurs esprits et peuvent avoir une influence sur le rendement individuel et collectif a fortiori. Quid de l’entraîneur aussi ? Cela ne semble guère faire de doute, Claudio Ranieri va quitter la Jonelière cet été. La piste de la sélection italienne ne serait finalement pas refermée. Celle de Lyon est moins chaude. Ce chantier estival à venir et toutes les interrogations qui en découlent pèsent forcément déjà dans les têtes de l’effectif actuel.