De Fourcade à Lamy-Chappuis... Qui va nous rêver en blanc dans cette saison olympique?

NEIGE La saison de sports de neige commence samedi avec les Géants dames et hommes de Solden…

William Pereira

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Tessa Worley, Martin Fourcade, Jean-Frédéric Chapuis et Alexis Pinturault devraient cartonner en 2017-18
Tessa Worley, Martin Fourcade, Jean-Frédéric Chapuis et Alexis Pinturault devraient cartonner en 2017-18 — SIPA (montage WP)

Les JO, c’est loin ( dans 104 jours), mais la reprise des diverses coupes du monde de sports d’hiver, c’est demain. Enfin, seulement pour le ski alpin, dont l’ouverture de la saison se fera samedi à Solden pour femmes et hommes. Il aura fallu attendre la semaine dernière pour avoir l’absolue certitude que les conditions climatiques étaient compatibles avec le bon déroulement des deux géants du week-end, et a priori, tout est ok.

Pour les sports nordiques, il faudra par contre attendre novembre (le 18 pour le saut à skis, le 24 pour le ski de fond ou le combiné nordique et le 26 pour le biathlon). Certaines disciplines moins connues comme le ski freestyle et le snowboard traversent une trêve jusqu’au premier week-end de novembre après un début de saison en septembre. BREF. Vous l’avez compris, c’est LE moment de sortir un guide de la saison. Chauvins que nous sommes, on a pris le parti de se focaliser sur nos Français. Qui va tout gagner ? Qui va un peu gagner ? Qui va gagner sur un malentendu ? Qui fera honneur à la France en perdant avec panache ? Est-ce qu’on peut vraiment glaner 20 médailles en Corée du Sud ?

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Les machines à gagner

Martin Fourcade : La valeur sûre. Et ce n’est pas un petit coup de pompe automnal, conséquence d’une préparation estivale poussée - tremblez les Russes - qui va changer la fin du film. On peut s’attendre à un début en diesel de Martin avec les JO et Mondiaux en ligne de mire, mais sa soif de victoires est bien trop grande pour qu’il accepte de voir une autre personne que lui repartir avec le gros globe de cristal.

Jean-Frédéric Chapuis : Si le skicross jouissait d’une notoriété comparable à celle du biathlon en France, JFC serait sans doute aussi connu que Martin Fourcade. Depuis 2014 et l’or à Sotchi - remember le podium 100 % français - le bougre écrase sa discipline et au vu de la forme physique et des ambitions affichées quand on l’a vu début octobre à la présentation de la délégation olympique tricolore à Paris, il y a fort à parier que sa moisson de succès continuera en 2017-18.

Pierre Vaultier : Le troisième hippo-glouton de la bande, dont la saison a commencé en douceur avec une bonne quatrième place en Argentine au mois de septembre, devrait encore régaler cette année. En tout cas, en bon fou de préparation mentale qu’il est, s’il craque, ça ne sera pas dans la tête. « La victoire, c’est comme une drogue », avouait-il en juillet au Figaro. S'il pouvait être contrôlé positif aux globes et médailles, ce serait pas plus mal.

LE tiercé gagnant
LE tiercé gagnant - SIPA (montage WP)

Les super forts mais un peu moins quand même 

Tessa Worley : On était à deux doigts de la mettre dans la première catégorie pour sa saison 2016-17 de feu. Mais elle n’est pas encore assez souveraine dans sa spécialité (le Géant) pour le mériter. Cette année pourrait tout faire basculer. Si elle a la bonne idée d’esquiver les blessures et si elle progresse en Super-G, où elle a pointé le bout de son nez l’an passé, elle passera clairement au niveau supérieur.

Alexis Pinturault : Il va gagner le classement général de la Coupe du monde. C’est pas de nous mais du directeur des courses du circuit masculin, l’Italien Markus Waldner. Et on a bien envie de le croire. Début octobre, à la fameuse présentation, la « Pinture » avait l’œil du tigre, sans doute froissé après des Mondiaux-2017 décevants. Il va tout défoncer, « vous pouvez fav ».

Marie Dorin-Habert : Oui, Marie a foiré ses Mondiaux-2017. Oui, elle est déçue. Mais elle ne se prend pas le chou, elle veut se faire plaisir comme elle le martèle depuis plusieurs mois dans les médias. Elle a quand même coché deux cases sur son calendrier : l’étape du Grand Bornand, mi-décembre, ainsi que les JO de PyeongChang et mise tout sur les relais, où elle prend goût à être la tête de file.

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Les relais de biathlon : Les relais, parlons-en. Dames, hommes ou mixtes, on devrait encore rafler plusieurs victoires et si possible, des globes et des médailles olympiques. L’année dernière, la France a échoué à la deuxième place du général pour chaque type de relais. Mais avec la progression des jeunes Braisaz, Chevalier et Fillon-Maillet, on est en droit de rêver plus grand.

Ça peut claquer des très jolies perfs dans un bon jour

Jason Lamy-Chappuis : On sent vos cheveux se hérisser, la colère monter. Que fait « Jez » dans cette catégorie ? Sur le seul critère du palmarès, le skieur-sauteur français serait tout là-haut. Mais ses deux saisons loin des pistes et des tremplins lui ont fait perdre beaucoup de terrain sur la concurrence. Son niveau est un peu un mystère mais Jason étant Jason, on ne l’imagine pas terminer 2017-18 sans le moindre succès.

Arnaud Bovolenta (ski cross) : Avoir une médaille d’argent à Sotchi n’est pas un gage de régularité. La preuve, Bovolenta a dû attendre décembre 2016 pour arracher son premier podium en Coupe du monde, dans l’ombre de Jean-Frédéric Chapuis.
François Braud (combiné nordique) : Pour que Lamy-Chappuis redevienne leader en équipe de France, il faudra déjà qu’il prenne le meilleur sur François Braud. Médaillé de bronze aux Mondiaux-2017 sur grand tremplin, il devrait aider le relais bleu à briller cet hiver.
Anaïs Bescond : Loin de nous l’envie de nous enflammer, mais la biathlète expérimentée a maté une féroce concurrence sur le sprint et la poursuite aux championnats de France, mi-octobre. Et elle a déjà fixé ses objectifs pour la saison : deux médailles olympiques. Mo-ti-vée.

Justine Braisaz : Le « turfu », comme dirait l’autre. Terminer 6e du général de la Coupe du monde à 20 ans - elle en a désormais 21 - est forcément porteur d’espoirs. Jusqu’où ira Justine ? Sans doute très haut. #Fourcadette
Anaïs Chevalier : Il lui manque toujours cette victoire référence en individuel. Elle n’en était pas loin à Nove Mesto (2e) et… PyeongChang (3e) lors de l’exercice précédent. Par contre, c’est une valeur sûre du relais féminin et c’est là qu’on l’attendra en priorité.
Mathieu Faivre : Meilleur que Pinturault sur Géant et 14e au général en 2016-17, l'ami Mathieu va forcément continuer à nous claquer des podiums. L’un des grands outsider français de l’année, assurément.

Adrien Theaux : Costaud. La saison dernière, il a réussi à se hisser dans le top 10 du général en descente sans claquer le moindre podium. Il faut (re) franchir le cap, Adri.
Maurice Manificat : Le ski de fond français va mal, et Maurice ne pourra pas le tenir à bout de bras éternellement. En attendant l’arrivée du Messie, il restera la seule chance concrète de claquer des belles médailles.
Chloé Trespeuch (snowboard cross) : On n’ira pas jusqu’à dire qu’elle peut devenir la Vaultier du snowboard féminin, mais la Savoyarde sait gagner. En 2016-17, elle ne l’a pas fait. Pour mieux rebondir l’année des JO ?

Sylvain Dufour (snowboard alpin) : Il a réussi à gratter deux succès en Géant parallèle après trois ans de disette. Du coup on ne sait pas trop où le situer. Ça serait bête de repartir sur une année de lose alors que PyeongChang approche.

Les petites cotes

Julien Lizeroux : Pour le briscard, ce sera la gagne sur Team Event. En individuel, monter sur le podium sur slalom constituerait déjà en soi un immense exploit même s’il est vrai que l’absence d’Hirscher jusqu’à mi-novembre entrouvre un peu les portes de la victoire à la concurrence. Mais juste un peu. On rappelle qu’il faut aussi battre des gars comme Kristoffersen…
Nastasia Noens : Là encore, ça peut faire mal sur Team Event, mais en indiv, il ne faudra pas se faire trop d’illusions. Aller chercher un quatrième podium en carrière serait déjà une belle perf'.

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Thomas Fanara : Team vieux de la vieille. Il avait très bien commencé 2016-17 avant de se blesser sérieusement au genou. Passé la trentaine, ça peut avoir de lourdes conséquences. On va donc espérer que la jambe tienne et on verra après pour les victoires en Géant.

Jean-Guillaume Béatrix : Selon la théorie des cycles, son année 2017 décevante en individuel devrait en annoncer une bien meilleure en 2018. Gagner une mass-start comme en 2016, ça serait cool, non ?
Jonas Devouassoux (Ski cross) : De très loin le titre de la plus belle barbe des pistes françaises. Pour les victoires, il n’y en a plus depuis 2014. Mais on peut s’attendre à le voir squatter les podiums de temps à autre.