Paris 2024: La visite des sites, ou l’occasion pour le CIO de «pinailler» sur les moindres détails

JEUX OLYMPIQUES La commission d’évaluation a inspecté lundi les sites choisis par Paris pour sa candidature…

N.C.

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Anne Hidalgo et Tony Estanguet (à gauche) ont accompagné la commission d'évaluation du CIO sur les sites de Paris 2024, le 15 mai 2017.
Anne Hidalgo et Tony Estanguet (à gauche) ont accompagné la commission d'évaluation du CIO sur les sites de Paris 2024, le 15 mai 2017. — Franck Fife/AP/SIPA

Pas facile de lire entre les lignes dans cette visite de la commission d’évaluation (CEV) du CIO. A chaque fois qu’un officiel prend la parole, c’est pour dire que tout est « extraordinaire ». Ou « fantastique », c’est au choix. C’est pour cela que la journée de lundi, consacrée à l’inspection des sites sur le terrain, était capitale pour Paris 2024. Le dossier étant de l’avis de tous béton sur le papier, c’était là l’occasion d’aller au-delà des superlatifs convenus en jugeant les arguments sur pièces. Dans le moindre détail.

« Il faut vraiment pinailler ! », s’est exclamé Patrick Baumann quand il a été interrogé en fin de journée sur d’éventuels points d’amélioration dela candidature parisienne. Ça tombe bien, tout le monde était venu pour ça. « Ils nous ont beaucoup questionnés par exemple sur le fonctionnement du « life site » [la grande zone de célébration pour les spectateurs qui s’étendra de la Villette au Trocadéro], illustre Etienne Thobois, le directeur général du comité parisien. Ouvert ou fermé ? Pourquoi l’entrée ici et pas plutôt là ? Vous êtes sûrs que votre option est la meilleure ? »

Et ça été comme ça partout ou presque, que ce soit à propos de la lumière au Grand Palais, de la durée de mise à disposition du centre des médias ou du PC sécurité de l’événement.

« Leur but, c’est d’améliorer au maximum la candidature et de réduire si possible les coûts », explique Thobois, qui a lui aussi fait partie d’une CEV. Les membres du CIO ont également donné des conseils sur la manière de présenter certains arguments, et ont fait prendre conscience à Paris d’atouts parfois sous-exploités.

« On a reçu les assurances dont on avait besoin pour faire notre rapport »

Autre élément de grande importance, le futur village olympique. Et là c’est nous, journalistes, qui pinaillons. Il sera construit autour de la Cité du cinéma à Saint-Denis, laissant ensuite la place à 3.500 logements pour les Franciliens. Un projet qui ne peut être gelé pendant quatre ans, argument de poids contre l’idée d’une éventuelle double attribution qui donnerait les Jeux à Los Angeles en 2024 et à Paris en 2028.

Mais ne serait-ce pas une forme de pression mise sur le CIO pour le vote de septembre ? « Non, on a été clair sur le sujet, répond le boss Tony Estanguet. On voulait pouvoir construire le village à cet endroit, et ça n’a pas été simple de trouver des solutions. On s’est engagé de manière ferme avec les autorités publiques sur cette date de 2024. Le reste [2028] n’est pas garanti. »

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Une manière de dire que le comité international a toutes les cartes en main. « Il y a encore des choses à faire, mais on a reçu les assurances dont on avait besoin pour faire notre rapport », indique Patrick Baumann. De toute façon, il faudra patienter jusqu’au 5 juillet pour savoir ce que la commission a réellement pensé de sa visite parisienne.