JO 2024 : En ce jour de visite des sites, les champions français vont encore être partout

JEUX OLYMPIQUES Les sportifs tricolores, actuels ou anciens, sont en première dans la défense du projet parisien...

Nicolas Camus

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Teddy Riner face à la basketteuse Emilie Ndongue, lors d'une présentation du projet Paris 2024 dans un collège de Seine-Saint-denis, le 3 février 2017.

Teddy Riner face à la basketteuse Emilie Ndongue, lors d'une présentation du projet Paris 2024 dans un collège de Seine-Saint-denis, le 3 février 2017. — ISA HARSIN/SIPA

Ça a déjà commencé dimanche, mais ce n’est rien à côté de ce qui les attend lundi. Les membres de la commission d’évaluation du CIO ne vont voir que des sportifs lors de leur journée dédiée à la visite des sites dans toute la région parisienne. Ils seront là, partout, tout le temps. A peine sortis du bus, boum, un champion et ou ex-champion français sera là, à dire combien ce lieu soulève en lui des émotions, combien il aime les Jeux et combien il trouve la candidature de Paris magnifique.

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Si personnellement, vous vous dites que vous pourriez trouver cela un peu gênant à force, sachez que le CIO, lui, adore. Enfin, en théorie. C’est l’un des grands principes de l’Agenda 2020: le sport pour les athlètes, pensé et mis en valeur par les athlètes. Avec Paris, il est servi. C’est un pilier existant depuis les tout débuts du projet, après le traumatisme de l’échec de la candidature pour 2012. Ses plus grands défenseurs, Bertrand Delanoë et Jean-Paul Huchon, n’avaient pas mis de short depuis beaucoup trop longtemps pour émouvoir le comité olympique.

« Nous, les athlètes, on le vivrait très mal si on n’avait pas ces Jeux »

La leçon a été retenue. Tony Estanguet est l’homme fort du comité de candidature, Teddy Riner son premier ambassadeur, présent à toutes les présentations officielles. « On ne voulait pas juste dix athlètes mondialement connus pour les mettre sur les photos. On a voulu un vrai engagement de leur part en réalisant des choses concrètes. On est un meilleur ambassadeur quand on a les mains dans le cambouis », explique Michaël Aloïsio, le DG adjoint.

Les mains dans les cambouis, c’est donner son avis sur le futur village olympique (tous), faire refaire les plans d’une salle d’échauffement (Brice Guyart pour l’escrime au Grand Palais), animer un atelier consacré à la jeunesse (Martin Fourcade)… ou plus simplement mettre les baskets à 7h30 un dimanche matin pour une petite activité running proposée en marge de la visite de la commission (Leslie Jones et Muriel Hurtis, qui ont eu la gentillesse de ne pas aller trop vite). Bref, tout un tas de trucs pour illustrer les sacro-saintes notions de partage et d’héritage.

Lundi, une bonne trentaine d’entre eux est mise à contribution, aux Invalides, à la Tour Eiffel, au Stade de France, à Versailles ou à Colombes. Parmi eux, Marie-Jo Pérec, Rudy Gobert et Sarah Ourahmoune, venus passer une tête devant les médias dimanche soir. Et l’incontournable Riner. « Les athlètes sont devant cette fois. Ils portent cette candidature. Je sais que le CIO y est sensible », martèle le colosse.

Marie-Jo Pérec, Rudy Gobert, Teddy Riner et Sarah Ourahmoune très concentrés (et un mec qui lève la main derrière).
Marie-Jo Pérec, Rudy Gobert, Teddy Riner et Sarah Ourahmoune très concentrés (et un mec qui lève la main derrière). - FRANCK FIFE / AFP

Le judoka y croit. Un nouvel échec sera vécu comme une vraie catastrophe. « Nous, les athlètes, on le vivrait très mal si on n’avait pas ces Jeux. On y a mis du cœur, de la sueur ». Mais si au contraire tout se passe bien, ils ne sont pas près de lâcher la rampe.

« On est un certain nombre à tout juste lancer notre après-carrière, indique Michaël Jeremiasz, champion olympique de tennis en fauteuil avec Stéphane Houdet en 2008. On n’a pas envie que de s’engager sur deux ans. Dans la direction ou sur le terrain, il y a énormément de postes, de fonctions. On est beaucoup à avoir vocation à prendre une place importance. Moi en tout cas je candidaterai pour aller encore plus loin. »

« C’est comme organiser une fête à la maison. Vous voulez rester jusqu’au bout, pour vérifier que tout se passe bien », illustre Jessica Harrison, multiple championne de France du triathlon d’origine anglaise. Ouais, manque juste l’accord des parents pour organiser la grosse bringue.