JO 2016: Quand même, quel énorme panard de revoir l'escrime française en or

JEUX OLYMPIQUES Quatre ans après des Jeux complètement ratés, les Bleus ont remporté le sacre ultime grâce à l'épée masculine...

Romain Baheux

— 

L'équipe de France d'épée célèbre sa médaille d'or en prenant un selfie le 14 août 2016.
L'équipe de France d'épée célèbre sa médaille d'or en prenant un selfie le 14 août 2016. — Kirill KUDRYAVTSEV / AFP

De notre envoyé spécial à Rio,

Quand on était petit, l’escrime c’était ce sport où des types en combinaison blanche se mettaient des coups d’épée tous les quatre ans aux JO. On voyait des lumières rouges et vertes s’allumer, on criait sur la télévision de la location de vacances et, quand même souvent à la fin, un Français gagnait. On se gargarisait en famille de notre belle victoire dans ce sport « qu’on ne voit pas assez le reste du temps » puis on attaquait les brochettes avec La Marseillaise en fond sonore.

Elle est là l'escrime de notre enfance.
Elle est là l'escrime de notre enfance. - MENAHEM KAHANA / OFF / AFP

Et boum d’un coup, on est devenus vieux. C’était à Londres il y a quatre ans et nos types en blanc n’ont pas souvent allumé les lumières. Zéro pointé pour les Bleus, une première depuis 1960. « Je n’étais pas dans le staff mais j’ai vécu ça comme une tragédie, se désole Hugues Obry, entraîneur de l’équipe de France d’épée masculine. Quand je suis arrivé, j’avais quatre ans pour aller préparer ce titre olympique. »

Après l’avoir guetté en individuel (une médaille de bronze), après avoir vu les gars du fleuret la frôler (argent), on l’a revue, cette médaille d’or. On l’a revue au terme d’une journée maîtrisée de Bleus titrés à Athènes et Pékin mais dont l’épreuve n’était pas au programme il y a quatre ans. On l’a revu venir de loin, quand notre trio a dérouillé les Italiens en finale (45-31). « On leur a mis une rouste, ils étaient scotchés, se félicite Obry. Ils n’avaient aucune solution. »

Dimanche soir, on a revu tout l’encadrement des Bleus venir en zone mixte fêter Daniel Jérent, Yannick Borel, Jean-Michel Lucenay et Gauthier Grumier, bronzé en individuel mais remplaçant en finale. On a entendu des Français hurler de joie dans les couloirs de la Carioca Arena 3. « Si l’escrime avait besoin d’un titre quatre ans après Londres ? On a toujours besoin d’un titre, lâche Daniel Jérent. Surtout, il faut voir que ces quatre dernières années, on a constamment répondu présent dans les grands championnats. »

De Rio, l’escrime française repart avec trois médailles, bilan plutôt bon. De l'Hexagone, elle est redevenue ce sport où la France gagne. Nos types en combinaison blanche ont fait le boulot.