JO 2016: Ne cherchez pas, les Bleus du fleuret ne veulent pas accabler le pauvre remplaçant qui leur fait perdre l'or

JEUX OLYMPIQUES Les Français, dont le remplaçant Tony Helissey a sombré, ont été battus en finale...

Romain Baheux

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Les fleurettistes tricolores, médaillés d'argent à Rio le 12 août 2016.
Les fleurettistes tricolores, médaillés d'argent à Rio le 12 août 2016. — Thomas COEX / AFP

De notre envoyé spécial à Rio,

Il arrive en premier, tête basse. Quelques instants plus tôt, Jean-Paul Tony Helissey a reçu quelques mots de réconfort du président du CIO himself, Thomas Bach, ancien escrimeur. Devant la presse, le fleurettiste présente spontanément ses excuses. « J’aurais voulu faire mieux, soupire-t-il, sa médaille d’argent autour du cou. Je m’étais préparé à beaucoup de scénarios mais pas à celui-là. Les autres me réconfortent mais il y a beaucoup de déception. »

« JPTH », c’est l’histoire du remplaçant, déjà non aligné en individuel, qui se retrouve lancé comme un joker en pleine finale du fleuret par équipes. Le rôle est souvent manichéen. Soit il devient un héros, et on salue le choix tactique. Soit il sombre, et il est le responsable de la perte d’un titre olympique. Tony Helissey a coulé, prenant un éclat sur son passage (3-10) contre les Russes.

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Même toutes les équipes françaises de ces JO ne sont pas destinées à se fissurer sous le regard des caméras. « Ça a été un moment compliqué pour nous, mais ce n’est pas facile pour lui d’entrer alors qu’il n’a pas tiré depuis le début des Jeux, souligne Jérémy Cadot. On ne lui en veut pas, on est une équipe. »

« Jean-Paul, je le connais depuis l’âge de cinq ans. J’en veux à quelqu’un qui ne se donne pas à 100 % et ça n’a pas été le cas, enchaîne Enzo Lefort. Là, il s’est préparé comme il fallait. Ce soir, on va profiter de ce métal. Je vais vous le détendre moi le JP. » Mieux que Thomas Bach svp.