Jean-Marc Conrad, le président du club de Nîmes Olympique, a été placé en garde à vue dans le cadre d'une enquête sur des soupçons de matchs truqués, le 18 novembre 2014.
Jean-Marc Conrad, le président du club de Nîmes Olympique, a été placé en garde à vue dans le cadre d'une enquête sur des soupçons de matchs truqués, le 18 novembre 2014. — STRINGER / AFP

FOOTBALL

Soupçons de matchs truqués: La Ligue 2 sous le choc

Les interpellations et mises en gardes à vues de personnalités ce mardi ébranlent le football français...

La Ligue 2 tremble et avec elle, tout le football français. Ce mardi matin, une série de perquisitions a été menée à Nîmes, Angers, Caen et Dijon. Une dizaine d'interpellations en a découlé, dont celles du président du Nîmes Olympique Jean-Marc Conrad, de celui de Caen Jean-François Fortin et de l'entraîneur de Dijon, Olivier Dall'Oglio, placés en garde à vue. Dans le viseur des enquêteurs, des matchs de l’équipe de Nîmes qui, en fin de saison dernière, aurait exercé des pressions et proposé des arrangements afin d'éviter la relégation en National. Des soupçons qui rappellent forcément l’affaire VA-OM, le plus grand scandale du football français.

Thiriez et le «poison mortel» de la corruption

Qu’en pensent les acteurs de ces rencontres? Entre étonnement et réserve, difficile de recueillir des témoignages. L’un des rares à répondre, le Caennais Nicolas Seube, nous explique qu’il est «interdit de communication». «C’est grave, apparemment. En tout cas, je suis très surpris», assure-t-il brièvement. Même son de cloche à Angers, où le club fait part de son «étonnement» et de sa «stupeur», précisant «qu’aucun dirigeant, joueur, ni entraîneur n’a été interpellé». Tous les clubs sur lesquels porte l’enquête savent que les conséquences de cette affaire pourraient être catastrophiques. Dans son rôle de président de la Ligue, Frédéric Thiriez a rappelé le «poison mortel» que constitue la corruption, «ou même le simple soupçon de corruption ou de trucage». Avant de menacer de radiation les clubs concernés si les soupçons étaient avérés.

Entendu par la police judiciaire de Caen mardi matin, Xavier Gravelaine, le directeur général de Caen, s’est lui, montré particulièrement remonté. «Notre club est sali par une affaire avec laquelle il n'a rien à voir. On est victime. Le problème, ce n'est pas le foot, c'est le Nîmes Olympique qui a des soucis depuis quelques mois», a-t-il attaqué lors d’une conférence de presse improvisée. Une référence au personnage central de cette enquête, l’actionnaire majoritaire du club nîmois Serge Kasparian, écroué en octobre dans l'affaire du cercle de jeux Cadet, à Paris. Ce dernier, qui doit être extrait de sa cellule pour être entendu, semble détenir la clé de cette histoire. Certains doivent espérer très fort qu'elle n'ouvre pas trop de portes.