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Jean Le Cam, la grande gueule du Vendée Globe

Jean Le Cam, la grande gueule du Vendée Globe

VOILELe skipper est une figure du milieu...
Romain Baheux

Romain Baheux

Son sens de la métaphore et son accent finistérien traînant ont fait autant pour sa renommée que ses qualités de navigateur. Ses interventions lors des vacations quotidiennes valent les dialogues de Michel Audiard dans Les tontons flingueurs. Figure typique du marin fort en gueule, Jean Le Cam est l’une des attractions de ce Vendée Globe, capable de maudire le règlement lors de la disqualification de Bernard Stamm ou de pourrir l’organisation de la course après une pénalité de deux heures infligée en début de course. «Il ne s’embarrasse pas avec la forme. Ça peut paraître brut de fonderie mais c’est toujours pertinent. Il a un bon sens paysan, un pragmatisme à toute épreuve», souligne Yves Le Blevec, qui a navigué avec lui sur la Transat Jacques-Vabre en 2009, où les deux hommes avaient chaviré.

«Il ne dit jamais non à une bonne bouteille de rouge»

Une année maudite pour le skipper de SynerCiel. En janvier, il est secouru par son ami de Port-la-Forêt Vincent Riou alors qu’il est bloqué dans son bateau retourné au large du Cap Horn dans une mer démontée. «J’avais confiance en lui, je savais qu’il ne se laisserait pas prendre par la panique, raconte Riou. Bon, il était quand même content que je sois venu l’aider (rires).» Malgré ces déconvenues, Le Cam ne se laissera pas abattre. «Quand on a chaviré, il était désappointé mais pas défaitiste, se souvient Le Blevec. Il me disait: «Deux fois en un an, ça fait beaucoup.» Il n’a pas baissé les bras pour autant.» Dans le milieu, tous louent son abnégation et ses qualités de marin. Pas forcément sa manière d’appréhender les relations humaines. «Avec sa franchise, il n’a pas que des amis, reconnaît Vincent Riou. Il dit quand même rarement des conneries donc il est assez respecté.»

A bord, il prête une attention particulière au contenu de l’assiette. Le Cam est un gourmet et est également réputé pour son sens de la fête. «Quand on a chaviré sur la Transat Jacques-Vabre, on est quand même allés au Costa Rica pour accueillir les autres skippers, raconte Le Blevec. On ne s’est pas ennuyé, je repartirais bien en vacances avec lui.» «Il aime faire une bonne fête mais pas tous les jours, poursuit Riou. Il n’est pas dans l’excès, comme pouvaient l’être certains marins. En revanche, il ne dit jamais non à une bonne bouteille de rouge.» En connaisseur, Le Cam a emporté trois bouteilles de Château Angelus à bord. La dernière a été savourée lors du passage du Cap Horn ce mardi. La prochaine se dégustera aux Sables-d’Olonne.