Vendée Globe: L'affaire Stamm divise les marins

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Publié le 3 janvier 2013.

VOILE – Le skipper suisse Bernard Stamm a été exclu de la course après avoir reçu une assistance extérieure...

Connaissiez-vous l’article 3.2 de l'avis de course du Vendée Globe? Bernard Stamm est désormais un familier de ce point de base du règlement du Vendée Globe, qui impose aux skippers de disputer l’intégralité de la course sans aucune assistance extérieure. Disqualifié pour s’être amarré au navire russe Professeur Khoromov et avoir laissé un des marins monter à bord de son voilier, le skipper de Cheminées Poujoulat compte faire appel de la sanction. «Il faut tenir compte du contexte, a insisté le Suisse à la vacation ce mercredi midi. Si on lit brut de pomme le règlement, c’est vrai que ça n’est pas bon.» Honnête, le skipper s’était empressé de raconter l’intégralité des faits à la direction de course. Si la sanction est confirmée, Bernard Stamm serait le deuxième marin à se faire disqualifier en sept éditions du Vendée Globe après l’Américain Mike Plant, exclu lors de l’édition 1989-1990 pour des faits similaires.

Alain Gautier: «Il peut y avoir un sentiment d’injustice»

La sanction a rapidement suscité des réactions chez les skippers. Jean Le Cam, «remonté comme une pendule sur cette histoire-là», n’hésite pas à user de la comparaison pour soutenir le Suisse. «C’est comme si un mec se retrouve au bord de la falaise, il risque de tomber, il y a quelqu’un qui lui tend la main et il devrait lui répondre: “Ben non, parce que c’est le règlement, alors tu ne me tends pas la main” et il tombe de la falaise.» Alex Thomson (Hugo Boss), Mike Golding (Gamesa), même s’il estime que «la règle, c’est la règle», et Jean-Pierre Dick (Virbac Paprec 3) ont également apporté leur soutien à Stamm. Consultant sécurité de la course, le vainqueur de l’édition 1992-1993 Alain Gautier se veut plus pragmatique. «Dans n’importe quel sport, il y a des arbitres. Lors d’une course, j’étais arrivé en retard à des vérifications de sécurité et on m’avait infligé 16 heures de pénalité. Ça m’a sans doute empêché de gagner mais il y a des règles. Il peut y avoir un sentiment d’injustice mais c’est comme ça.»

A moins qu’il n’apporte de nouveaux éléments au jury chargé de trancher les recours, Bernard Stamm n’a que très peu de chances de réintégrer la course. Comme d’autres skippers avant lui, le Suisse rallierait les Sables-d’Olonne après avoir été mis hors-course. En 1990, Patrice Carpentier avait rejoint le port vendéen après avoir fait réparer le pilote automatique de son bateau. «J’avais le moral au plus bas, j’ai failli proposer à quelqu’un de finir la course avec moi. Finalement, je me suis repris et j’ai fini la course tout seul. Sans stress, comme pour une croisière.» Bernard Stamm n’a visiblement pas encore envie de finir la course cocktail en mains en claquettes sur le pont.

Romain Baheux
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