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Qu’est-ce que le « Compte Adolescent » de Meta, censé protéger les ados ?

C'est quoi ces nouveaux « comptes adolescents » sur Instagram ?

se meta la pageLe groupe Meta a annoncé mardi la création de « Comptes Adolescents », censés mieux protéger les utilisateurs mineurs des dangers liés à Instagram
Jérémy Vial

J.V. avec AFP

Pique et pique et Instagram. Depuis des mois, l’application du célèbre réseau social est dans le collimateur d’associations et des autorités, qui lui reproche de nuire à la santé mentale des 13-15 ans. Pour tenter de répondre à la critique et afin de protéger les plus jeunes utilisateurs, le groupe Meta - maison mère de Facebook, Instagram, WhatsApp et Messenger - a annoncé, mardi, la création de « Comptes Adolescents ». Comment ça marche ?

Des garde-fous en place

« C’est une mise à jour importante, conçue pour que les parents aient l’esprit tranquille », résume Antigone Davis, vice-présidente du groupe californien chargée des enjeux de sûreté, à nos confrères de l’AFP. En pratique, les utilisateurs âgés de 13 à 15 ans auront désormais, avec le « Compte Adolescent » imaginé par Meta, des comptes privés par défaut, avec des garde-fous sur les personnes qui peuvent les contacter et les contenus qu’ils peuvent voir.

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Les adolescents qui veulent un profil public et moins de restrictions - parce qu’ils désirent devenir influenceurs, par exemple - devront obtenir la permission de leurs parents. Et ce, qu’ils soient déjà inscrits ou nouveaux sur la plateforme. « Les adultes pourront superviser les activités de leurs enfants sur le réseau social et agir en conséquence, y compris en bloquant l’application », assure le responsable de Meta, ajoutant : « Si un adolescent essaie de modifier sa date de naissance, nous allons lui demander de prouver son âge ».

Une question d’âge

La pression monte depuis un an autour Meta, le n°2 mondial de la publicité numérique et ses concurrents. Ainsi, en octobre dernier, une quarantaine d’Etats américains ont porté plainte contre les plateformes de Meta, leur reprochant de nuire à la « santé mentale et physique de la jeunesse », à cause des risques d’addiction, de cyberharcèlement ou de troubles de l’alimentation.

De Washington à Canberra, les élus travaillent sur des projets de loi pour mieux protéger les enfants en ligne. L’Australie devrait ainsi bientôt fixer entre 14 et 16 ans l’âge minimal pour utiliser les réseaux sociaux. Meta, dont le patron est Mark Zuckerberg, refuse pour l’instant de contrôler l’âge de tous ses utilisateurs, au nom du respect de la confidentialité. « Nous ne voulons pas obliger 3 milliards de personnes à fournir une pièce d’identité », confie Antigone Davis.

« Tellement plus à faire »

Pas sûr cependant que ce renforcement de protections existantes suffise à rassurer les gouvernements et organisations inquiètes. « Instagram crée une dépendance. L’appli conduit les enfants dans des spirales infernales, où on leur montre non pas ce qu’ils veulent voir, mais ce dont ils ne peuvent pas détourner le regard », estime Matthew Bergman.

Cet avocat a fondé en 2021 une organisation pour défendre les « victimes des réseaux sociaux » en justice. Elle représente notamment 200 parents dont un enfant s’est suicidé « après y avoir été encouragé par des vidéos recommandées par Instagram ou TikTok ». Les « Comptes Adolescents » de Meta ? « Ce sont des petits pas, dans la bonne direction, mais il y a tellement plus à faire », juge l’avocat.

Selon lui, il suffirait que les groupes rendent leurs plateformes moins addictives - « et donc un peu moins rentables » - sans perdre leurs qualités pour les utilisateurs, pour communiquer ou explorer des centres d’intérêt. En juin, le médecin-chef des Etats-Unis a appelé à obliger les réseaux sociaux à afficher des informations sur les dangers courus par les mineurs, comme les messages de prévention sur les paquets de cigarettes.