Vidéoprojecteurs : Peuvent-ils enfin remplacer un téléviseur (et pour quel prix) ?
IMAGES XXL•Remplacer son téléviseur par un vidéoprojecteur pour obtenir une image géante est possible, mais à certaines conditionsChristophe Séfrin
L'essentiel
- L’envie d’images toujours plus grandes pour visionner films, séries et jouer à la maison ne se dément pas.
- Si le prix des téléviseurs de très grande taille reste élevé, celui des vidéoprojecteurs, lui, ne cesse de diminuer.
- Reste à choisir son modèle selon ses usages : un appareil fond de salle, un modèle d’appoint, ou un projecteur à ultra-courte focale qui s’affranchit des contraintes d’installation.
Une image qui mesure 3 mètres de diagonale ? Vous aurez beau regarder, vous ne trouverez pas un téléviseur de qualité capable de vous l’offrir pour un coût raisonnable. Et encore, les modèles disponibles (115 pouces) sont très rares. Alternative, un vidéoprojecteur comme ceux que l’on voit de plus en plus dans les rayons des magasins spécialisés. Avec l’émergence des modèles dits « à ultra-courte focale », cela vaut-il la peine de s’équiper ? Et, s'ils sont de taille, ont-ils les autres qualités pour se substituer à un « vrai » écran ? 20 Minutes vous donne les clés pour… vous projeter !
Une cascade de nouveaux produits
Un téléviseur pour regarder vos films en très, très grand, vous en rêviez ? S’ils existent bel et bien, il faut débourser au bas mot 20.000 euros pour un appareil de grande qualité, comme le X955 de TCL. No way ? L’idée plus économique du moment réside sans doute dans l’achat d’un vidéoprojecteur. En septembre dernier, au salon de l’électronique IFA de Berlin, une avalanche de nouveaux produits faisait de l’œil aux visiteurs. « Les marques historiques y étaient moins visibles. La nature ayant horreur du vide, beaucoup de Chinois en profitent et tentent leur chance en Europe », constate Frank Ladoire, journaliste pour le site spécialisé AVcesar. « Dans cet univers de produits, ça frétille de partout », s’amuse le journaliste high-tech et youtubeur PP Garcia. Mais tous les projecteurs ne se valent pas.
Les « fond de salle », les meilleurs, oui mais…
Il y a toujours sur le marché ces grosses boîtes un peu disgracieuses (chez Epson, Optoma, BenQ, Acer, Sony…) que l’on peut accrocher au plafond ou poser sur un meuble à l’arrière du salon. Ce sont les historiques, les projecteurs dits « de fond de salle », à longue focale, que l’on peut trouver à partir de 600 euros environ lorsqu’ils sont Full HD (comme le TH585P de BenQ), et dont le prix peut s’envoler jusqu’à plusieurs milliers d’euros avec une fiche technique de plus en plus nourrie, comme avec le EH-LS12000B, un projo laser 4K vendu la bagatelle de 4.699 euros !
Ces modèles sont incontestablement les meilleurs pour les fans de home cinéma. À coupler avec un écran de projection, dans une salle sombre (mais leur luminosité leur permet aussi d’être utilisés en plein jour) et avec un fauteuil moelleux, ils reproduisent fidèlement les sensations d’une salle de cinéma.
Les projecteurs d’appoint ont la cote
Mais la tendance du moment tourne davantage autour des petits projecteurs de salon ou de chambre. « Ce sont des modèles intermédiaires, des projecteurs de table, avec un ticket d’entrée de 500 euros », commente PP Garcia. Et là, l’acheteur n’a que l’embarras du choix. Xgimi en propose de nombreux modèles, comme son MoGo 2 Pro qui, à peine plus gros d’une enceinte Bluetooth, se satisfait du premier mur blanc venu pour projeter des vidéos. Lancé à 599 euros, on le trouve désormais à 469 euros et c’est une bonne affaire.
« Ces petits modèles sont soit des produits d’appoint, soit de consommation rapide. Nomades, parfois. Bien, aussi, pour la chambre des enfants avec un effet waouh assuré. Les gosses ne sont pas obnubilés par la qualité ! », décrypte Frank Ladoire. Qui s’empresse d’ajouter : « il ne faut pas en attendre beaucoup plus que quelques années d’usage, malgré des mises à jour possibles, ces appareils seront difficiles à faire évoluer ».
Précision : ces projos sont tous connectés : chez Xgimi, mais aussi Samsung (avec son FreeStyle), Anker (et son Nebula, un best-seller aux USA), ou Dangbei (et son Atom). Tous jouent des coudes pour s’imposer. Gare cependant, ceux sous Android TV n’intègrent pas Netflix en natif. « Quand le produit intègre Google TV, Netflix est par contre présent et certifié », complète le journaliste d’AVcesar. « Je pose l’appareil, j’obtiens une image ! », résume PP Garcia à propos de ces modèles très simples d’emploi. Ils font incontestablement le job pour se faire une toile sur le mur blanc du salon, un match grand format avec des potes, un jeu vidéo en immersion, voire binge-watcher une série TV jusqu’au plafond de sa chambre à coucher !
Côté qualité d’image, c’est sur la résolution (Full HD ou 4K), le contraste et la luminosité qu’il faut être vigilant au moment de l’achat. Exprimée en lumens, cette luminosité sera la clé de votre confort visuel. En dessous de 1.000 lumens, la pénombre devra être faire dans la pièce. A partir de 2.000 lumens, plus besoin de tirer les rideaux ! Mais les appareils sont forcément plus chers.
Les avantages de l’ultra-courte focale
Ceux que l’on voit s’arrimer à nos murs depuis peu sont à courte ou à ultra-courte focale. A poser à 50 cm de leur support de projection (courte focale), voire carrément à quelques centimètres (ultra-courte), ces projecteurs ont vu leur prix baisser drastiquement. « Ces produits auraient coûté deux fois plus cher il y a 2 ans », confirme PP Garcia
Ce sont aussi les plus à même de se substituer à un téléviseur. « J’aime beaucoup le concept de l’ultra-courte focale. En ratio taille-prix, mieux vaut selon moi une ultra-courte focale qu’un téléviseur », précise Frank Ladoire, journaliste pour AVcesar. Discrets, pouvant rester à demeure, avec des diagonales d’images impressionnantes (jusqu’à 3,8 mètres !), le confort d’usage de ces projecteurs est ici total, notamment pour une utilisation « cinéma ».
Avec son projecteur laser PX2-PRO de 2.400 lumens (actuellement à 1.790 euros), Hisense fait très fort sur ce marché qui, pourtant, peine encore à émerger en France, alors qu’il s’est imposé en Asie. Citons aussi le Formovie Cinema Edge, un modèle 4K de 1.900 lumens vendu 2.190 euros. C’est un budget, certes. Budget auquel il restera indispensable (même si ces projos intègrent un système son), de consentir un investissement dans une barre de son.


















