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CES 2024 : Adieu les flacons, voici l’analyse d’urine connectée à faire à la maison
Hip pipi hourra•Pouvoir faire son analyse d’urine chez soi, simplement et aussi souvent que nécessaire. C’est la promesse de la start-up toulousaine Iki, présente au CES Las Vegas, qui veut améliorer et rendre plus fluide le suivi nutritionnel des malades chroniquesHélène Ménal
L'essentiel
- Le CES La Vegas 2024 se tient de mardi à vendredi. Ce salon est l’événement mondial le plus connu dans le secteur des nouvelles technologies, l’occasion pour les entreprises et start-up de présenter leurs innovations.
- Parmi les entreprises d’Occitanie qui font le voyage dans le Nevada, la start-up toulousaine Iki arrive avec son kit d’analyse d’urine « connectée ».
- Pour le suivi des maladies chroniques, son lecteur de bandelette high-tech permet de faire son analyse chez soi, tous les jours si l’on veut, et de transmettre les résultats à son nutritionniste ou médecin traitant.
Il y a sept ans, quand Christophe Cau, ingénieur en nanophysique à Toulouse, est sorti de son deuxième séjour en clinique pour évacuer ses calculs rénaux, il ne se doutait pas encore que cette « douloureuse » expérience le conduirait tout droit au paradis des inventeurs techno, le CES Las Vegas. Il y présente avec ses collègues et associés le kit connecté Uriki, qui permet de faire ses analyses d’urine dans l’intimité de son domicile, ou dans les toilettes du bureau, et de transmettre les résultats à son médecin sans avoir à courir dans un labo avec un flacon gênant à transporter.
Mais rembobinons. « Pour mes coliques néphrétiques, à ma sortie de la clinique, on m’a donné des recommandations diététiques à mettre en place dans mon mode de vie pour éviter que ça se reproduise, explique l’entrepreneur. Mais c’était très général, pas assez personnalisé. » Alors, comment faire, pour améliorer vraiment son hygiène de vie ? Le scientifique a cherché. « Et j’ai découvert, poursuit-il, que l’urine était vraiment le miroir de notre alimentation. On y retrouve du sodium quand on mange trop salé, de l’urée quand on mange trop protéiné. » Et comme il a un côté « Dory » et ne se rappelle jamais ses menus, l’idée était donc, en plus de simplifier l’analyse d’urine, de garder la mémoire des menus en photographiant ses assiettes, comme on le fait sur une appli minceur.
Plus de rendez-vous, plus d’enquête alimentaire fastidieuse
Le kit Uriki se présente comme une sorte de clé USB. Il suffit d’uriner sur une bandelette et de la glisser dans ce lecteur connecté pour faire l’analyse d’urine au quotidien et la transmettre, via l’appli associée, à son praticien ou au diététicien nutritionniste en charge de votre suivi, accompagné de vos menus. Plus de labo, plus de rendez-vous, et donc de risque d’annulation, plus de longue enquête alimentaire. Le spécialiste consulte les données quand il le souhaite et fait son « feed-back » au patient.
La mise au point du lecteur-analyseur a pris quatre ans. Elle a été faite avec quatre collègues de Christophe Cau dans la PME spécialisée dans l’instrumentalisation médicale où ils travaillaient, avant de susciter en 2021 la création de la start-up Iki. De Bordeaux à Lyon, d’Abbeville à La Réunion, douze praticiens cliniciens expérimentent déjà le kit et l’ont proposé à une cinquantaine de patients souffrant d’insuffisance rénale ou de maladies chroniques, pour des suivis de quelques mois. Dans le modèle « français », la clinique commande des kits et des abonnements au système à la start-up. Le test a déjà permis d’ajouter, à la demande des médecins, un suivi psychosocial des patients. « On ne donne pas les mêmes conseils nutritionnels à quelqu’un qui est angoissé ou stressé », souligne Christophe Cau.
Notre dossier sur le CES Las Vegas 2024A Vegas, l’équipe d’Iki ne vise pas le marché des cliniques mais directement celui des particuliers américains qui, avec leurs assurances privées, ont l’habitude d’investir dans leur santé. L’objectif de la petite start-up toulousaine, de six salariés pour l’instant, est de permettre de suivre « 600 patients en 2024 ». Et 30.000, des deux côtés de l’Atlantique, d’ici cinq ans.


















