« Facebook Papers » : La lanceuse d’alerte Frances Haugen va être auditionnée à l’Assemblée nationale

RESEAUX SOCIAUX L’informaticienne, qui a fait fuiter des études montrant que Facebook a conscience de la nocivité de sa plateforme, sera auditionnée mercredi par les députés des commissions des Lois et des Affaires économiques

H. B. avec AFP
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La lanceuse d'alerte et ex-employée de Facebook Frances Haugen a témoigné devant le Congrès américain le 5 octobre 2021.
La lanceuse d'alerte et ex-employée de Facebook Frances Haugen a témoigné devant le Congrès américain le 5 octobre 2021. — Drew Angerer/AP/SIPA

Elle est très attendue en France. La « tournée européenne » de la lanceuse d’alerte et ancienne employée de Facebook, Frances Haugen, passera par le Palais Bourbon. L’informaticienne, qui a fait fuiter des études montrant que Facebook a conscience de la nocivité de sa plateforme, sera auditionnée le mercredi 10 novembre par les députés des commissions des Lois et des Affaires économiques.

Frances Haugen a déjà témoigné devant les législateurs américains et britanniques, ainsi que cette semaine au Web Summit, conférence destinée aux entrepreneurs et aux investisseurs de la tech.

« Nous devons être vigilants et à l’écoute des lanceurs d’alertes »

Elle sera questionnée à l'Assemblée nationale par les députés de la commission des Affaires économiques – dont dépendent les questions liées au numérique – mais aussi par ceux de la commission des Lois, qui vont se pencher dans la foulée sur une proposition de loi consacrée à la protection des lanceurs d’alerte. Celle-ci est portée par les députés des trois groupes de la majorité, LREM, Modem et Agir.

« Nous devons être vigilants et à l’écoute des lanceurs d’alertes. Leur mission est de nous interpeller, celle des députés est de comprendre l’éclairage qu’ils apportent pour pousser à prendre des décisions qui pourraient s’imposer », a commenté le président de la commission des Affaires économiques, Roland Lescure.

Depuis plus d’un mois, les «Facebook Papers», des milliers de documents internes remis à l’autorité boursière américaine (SEC) par Frances Haugen, montrent comment le groupe californien était conscient du potentiel de nuisance de ses réseaux sociaux – contenus toxiques sur Instagram pour les adolescents, désinformation qui nuit à la démocratie… –, mais a choisi, en partie, de les ignorer, par souci de préserver ses profits.