Web Summit: La France, premier pays à signer le «contrat pour le Web» de Tim Berners-Lee

ENGAGEMENTS Le nouveau « contrat pour le Web » a pour objectif de rendre Internet sûr et accessible à tous…

L.B.

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Mounir Mahjoubi en octobre 2018.
Mounir Mahjoubi en octobre 2018. — NICOLAS MESSYASZ/SIPA
  • Le Web Summit a ouvert ses portes lundi soir.
  • Le rendez-vous des professionnels du Web doit accueillir environ 70.000 participants, dont 2.000 start-up et 1.500 investisseurs à la recherche de partenaires.
  • Tim Berners-Lee, un des pionniers de l’Internet, a annoncé un nouveau « contrat pour le Web » censé rendre Internet sûr et accessible à tous.

Pour en finir avec le far-west numérique. Tim Berners-Lee, l’inventeur du World Wide Web, a profité de l’ouverture de l’édition 2018 du Web Summit pour lancer son « contrat pour le Web ». Et la France fait figure de bon élève. « Nous sommes le premier pays à l’avoir signé », annonce le secrétaire d’Etat au numérique Mounir Mahjoubi ce mardi à 20 Minutes dans le quartier VIP du « Davos des geeks ».

Dès le premier semestre 2019

A quoi va servir ce contrat porté par la World Wide Web Foundation ? Pour l’instant, il est plutôt question de définir des principes sur de nombreux sujets :  données personnelles, terrorisme, cyber-harcèlement, comportements concurrentiels… « Ceux qui signent cette charte de principes s’engagent à discuter durant les six prochains mois pour arriver à un contenu avec des objectifs et des engagements, explique Mounir Mahjoubi. Dedans, il y a les grandes entreprises, les start-up, les pays, les ONG… Et chacun exprime ses exigences et donne ses engagements ». Dès le premier semestre 2019, on devrait connaître avec précision ces objectifs.

« Tout le monde a pris conscience qu’il fallait une nouvelle régulation et une nouvelle gouvernance », estime Mounir Mahjoubi qui reste très optimiste sur le monde de la tech, à la différence du climat général du Web Summit teinté de désillusion. Google et Facebook se sont déjà engagés à entrer dans cette discussion. « Ils ont signé les principes et ils verront à l’issue des six mois s’ils signent ou pas ». Mais en ce qui concerne la France, le secrétaire d’Etat est clair, elle a « plutôt vocation à faire naître les engagements chez les autres ». En gros, si les acteurs ne répondent pas aux attentes, des sanctions seront envisagées. Le mot d’ordre : « On collabore pour faire évoluer et on sanctionne si c’est grave », précise-t-il.

Un même process pour tous

Concrètement, quelques mesures sont évoquées, notamment sur le terrorisme. « L’objectif numéro un, c’est le retrait du contenu le plus rapide », moins d’une heure après le signalement, explique Mounir Mahjoubi, pour qui les plateformes sont, pour l’instant, beaucoup trop lentes, sauf dans les cas de suicide. Il faut dire que ça leur coûte cher. Sans parler des détails, le secrétaire d’Etat souhaite, avec ce contrat, qu’un même process puisse être suivi par toutes les plateformes. Un premier pas pour repenser la philosophie et l’architecture du Web ? Il l’espère.