L’Ethiopie fait le pari de la blockchain pour accélérer son développement

BLOCKCHAIN Le gouvernement éthiopien espère tirer profit de cette technologie rapide, efficace et très peu coûteuse pour développer le pays où seulement 15% de la population a accès à internet

Martin Vanroelen pour 20 Minutes

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L’Ethiopie mise sur la blockchain pour faire un bond en avant
L’Ethiopie mise sur la blockchain pour faire un bond en avant — Geeko

Un accord a été annoncé la semaine dernière entre IOHK, l’entreprise derrière la cryptomonnaie Cardano (ADA), et l’Éthiopie. IOHK va participer au développement numérique du pays tout entier dans son plan de digitalisation. Le pays a pour ambition de développer plusieurs secteurs tels que l’agriculture, la santé, les transports et l’éducation d’ici 2025. Cette annonce n’est pas anodine, car Cardano est tourné depuis ses débuts vers un développement durable de la blockchain : « Nous avons compris depuis longtemps que les pays en développement pourraient particulièrement bénéficier de la technologie blockchain, grâce à l’absence de systèmes numériques intégrés et établis, mais également parce que les blockchains sont moins coûteuses que des infrastructures plus lourdes », a déclaré IOHK le 29 avril dernier.

L’Ethiopie mise sur la blockchain pour faire un bond en avant
L’Ethiopie mise sur la blockchain pour faire un bond en avant - Geeko
Le programme Cardano Africa est dédié au développement numérique et entrepreneurial des pays africains.

La blockchain Cardano a été créée en 2017 pour permettre de déployer des applications décentralisées et des contrats intelligents, au même titre qu’Ethereum. Selon le site CoinMarketCap, le Cardano sert à diminuer fortement les coûts et l’énergie fournie dans le déploiement certains services informatiques, tout en fournissant de nombreux services : « Le Cardano est utilisé par des entreprises agricoles pour suivre les produits frais des champs jusqu’à l’assiette, alors que d’autres produits de la plateforme permettent le stockage sécurisé d’identifiants éducationnels, ou encore le freinage de l’acquisition de produits contrefaits par les détaillants ».

Un grand nombre d’applications décentralisées fonctionnent sur la blockchain Cardano et s’axent ainsi sur le développement durable des pays en voie de développement. L’application SingularityNET va par exemple permettre de déployer des services d’intelligence artificielle sur la blockchain. Le service World Mobile fonctionne sur le réseau Cardano et permet de créer des points relais de réseau Internet dans les zones reculées qui n’en bénéficient pas. Enfin, l’application Atala PRISM est l’une des solutions les plus innovantes, car elle permet de stocker des informations relatives à notre identité sur la blockchain de façon privée et sécurisée.

Le secteur de l’éducation à l’honneur

L’Éthiopie compte particulièrement sur la blockchain dans le secteur de l’éducation. Ainsi, pas moins de 3500 écoles et 5 millions d’élèves devraient avoir prochainement accès à la technologie du Cardano. Le principal projet est de créer un répertoire d’identité nationale qui résiderait sur la blockchain grâce à Atala PRISM et qui permettrait de suivre la progression de chaque élève. Encore mieux, cet outil devrait permettre aux étudiants d’authentifier leurs diplômes à l’étranger. En effet, le directeur des opérations africaines chez IOHK John O’Connor affirme que le sous-développement numérique de l’Éthiopie a un impact énorme sur son développement global : « J’ai étudié à Oxford et j’ai été intrigué par le fait qu’il n’y avait pas d’étudiants éthiopiens. Quand j’ai posé des questions à ce sujet, on m’a dit que l’université ne reconnaissait pas leurs titres. Ils n’ont pas suffisamment d’informations sur ce qui se passe dans les universités éthiopiennes », a-t-il déclaré. La reconnaissance et l’enregistrement des diplômes sont pratiquement inaltérables sur la blockchain, cela devrait encourager certaines universités étrangères à tisser plus facilement des partenariats avec l’Éthiopie.

Pour déployer le réseau, les structures comme les écoles doivent être équipées d’Internet. Le gouvernement a affirmé qu’il allait investir là-dedans, sans toutefois préciser les montants. Par ailleurs, les étudiants n’ont pas tous accès à un smartphone ou à un ordinateur, des cartes à puce NFC devraient donc être distribuées pour y stocker les références de dossier de chacun.

D’autres pays africains sont également intéressés par le développement de solutions autour de la blockchain. C’est notamment le cas du Kenya, du Nigeria et de l’Afrique du Sud, chacun ayant des défis différents. Cardano n’est pas la seule cryptomonnaie à s’intéresser au développement du continent africain, le réseau Stellar Lumens a par exemple comme objectif de favoriser l’inclusion financière en permettant aux individus qui ne bénéficient pas de services bancaires de pouvoir envoyer et recevoir de l’argent à très faible coût.