L’application émiratie ToTok, soupçonnée d’espionnage, de retour sur Google

CYBERSECURITE Supprimée le mois dernier après avoir été accusée d’espionner ses utilisateurs, l’application ToTok est de nouveau disponible sur Google Play Store

H. B. avec AFP

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ToTok est une application de messagerie populaire au Moyen-Orient.
ToTok est une application de messagerie populaire au Moyen-Orient. — Patrick Castillo/AP/SIPA

ToTok est de retour… L’application mobile de messagerie, développée par une société des Emirats arabes unis, et qui avait été supprimée des principales plateformes de téléchargement sur fond de soupçons d’espionnage de ses utilisateurs, est de nouveau disponible sur Google Play Store. « Nous sommes heureux de vous informer que ToTok est maintenant disponible en téléchargement sur Google Play Store », a déclaré ce samedi ToTok sur son compte Twitter.

Google et Apple avaient supprimé ToTok le mois dernier de leur boutique d’applications après la publication par le quotidien américain New York Times d’un article accusant les services de renseignement émiratis d’avoir un accès direct aux messages, aux conversations vidéo ou encore aux données de géolocalisation, caméras et micros des téléphones.

Une série de « nouveautés » concernant la « mise à jour »

Sur sa plateforme, Google énumère une série de « nouveautés » concernant la « mise à jour » de l’application, notamment un mécanisme plus clair permettant aux utilisateurs d’autoriser l’accès de ToTok à leurs données et listes de contacts.

ToTok a connu une rapide popularité au Moyen-Orient où plusieurs pays, dont les Emirats, restreignent voire interdisent la plupart des autres services d’appels via des applications de messageries (VoIP) comme WhatsApp.

L’application toujours indisponible sur l’Apple Store

Lancée en 2019, ToTok est développée par Breej Holding qui, selon le New York Times, serait en réalité une société de façade de DarkMatter, une firme de cyber-renseignement et de piratage liée au gouvernement émirati.

L’Autorité de régulation des télécommunications (TRA) des Emirats a démenti les accusations du journal américain assurant que la réglementation en vigueur interdit les « violations de données » et les « interceptions illégales ». L’application reste aujourd’hui toujours indisponible sur l’Apple Store.