Changer ses habitudes sur internet est nécessaire pour réduire son empreinte carbone.
Changer ses habitudes sur internet est nécessaire pour réduire son empreinte carbone. — Pixabay / Goumbik

ECOLOGIE

Climat: Conseils d'experts pour réduire l'impact environnemental de votre activité sur Internet

Au niveau individuel, chaque internaute a la possibilité de réduire sa consommation d’énergie causée par ses diverses activités sur le Web.

  • La consommation énergétique du numérique dans le monde augmente d’environ 9 % par an depuis 2015.
  • La part d’émissions de gaz à effet de serre attribuable au numérique pourrait ainsi passer de 2,5 % en 2013 à 4 % en 2020.
  • Changer ses habitudes en matière de navigation, visionnage de vidéo en ligne, de gestion des mails mais aussi du matériel informatique, permet de réduire cet impact.

Un monde virtuel aux impacts bien matériels. Lors du sommet sur le climat, organisé ce lundi à l’Onu, l’un des grands absents sur les bancs des plus gros pollueurs était très certainement Internet. Selon un rapport d’octobre 2018 de Shift Project, la consommation énergétique du numérique dans le monde augmente d’environ 9 % par an depuis 2015 et la part d’émissions de gaz à effet de serre attribuable au numérique pourrait passer de 2,5 % en 2013 à 4 % en 2020.

Naviguer sur les réseaux sociaux, envoyer des mails, faire des recherches sur la toile ou encore regarder des vidéos en ligne font aujourd’hui partie du quotidien de milliards d’individus sur Terre. Mais toutes ces actions individuelles ont un impact global sur l’environnement. Afin de le réduire, il faut à tout prix « changer ses habitudes », estime Bela Loto Hiffler, auteur du livre Les éco-gestes informatiques au quotidien et chargée de projet à la Maison de l'Informatique responsable.

Pour naviguer vert, naviguez vite

Selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) faire une requête en utilisant un moteur de recherche émet l’équivalent de 2,8 g de CO2 si on trouve son résultat du premier coup, mais jusqu’à 10 g de CO2 en consultant cinq résultats. Pour limiter son bilan carbone, il faut donc formuler les requêtes les plus précises possible. Taper directement l’adresse d’un site dans la barre URL et utiliser les « favoris » pour retrouver une page évite de faire appel à plusieurs reprises aux data centers des moteurs de recherche. Toujours selon l’Ademe, cette bonne pratique diviserait par quatre les émissions de gaz à effet de serre. Dans cette même logique, il est aussi conseillé d’utiliser les flèches de retour sur une page, plutôt que de la recharger.

Si une recherche sur un moteur de recherche est nécessaire, affinez vos mots-clefs et n’hésitez pas à user d’opérateurs booléens entre chacun : le signe « – » pour exclure des mots, « and » afin de tous les avoir ou encore les guillemets. Pour Bela Loto Hiffler, l’idéal reste la recherche avancée. « Un peu longue lorsque l’on ne connaît pas, mais ensuite très efficace une fois que l’on a pris l’habitude ». Fermez les onglets inutilisés et videz les caches, cet endroit où sont stockées les pages affichées afin de les réafficher plus rapidement.

Le matériel utilisé compte aussi. « Une recherche d’une minute sur Internet consomme 100 watts sur un ordinateur fixe, 20 watts sur un ordinateur portable, quelques watts sur une tablette, et encore moins sur un téléphone », souligne l’Ademe.

Préférez le téléchargement légal au streaming

Selon le Shift Project, les vidéos en ligne représentent à elles seules plus de 80 % du trafic Internet. « Regarder un film HD en streaming a le même impact environnemental que la fabrication, le transport et la lecture de ce même film en DVD. Donc si vous comptez regarder ce film deux fois, mieux vaut l’avoir en DVD », indique Bela Loto Hiffler qui précise qu’il est encore mieux de télécharger (légalement) les films et de les regarder hors connexion.

« Lorsque vous écoutez une musique sur YouTube, vous vous fichez de l’image. Or, il s’agit quand même d’une vidéo en streaming. S’il n’est pas possible d’écouter ce son sur une plateforme audio, réduisez au moins la définition de la vidéo au maximum afin de réduire le flux de données », conseille encore l’experte.

Allégez vos mails autant que possible

L'impact environnemental d'un message électronique dépend du nombre de pièces jointes, du nombre de destinataires et du temps de stockage sur les serveurs. Par exemple, envoyer un mail de 1 Mo à une personne équivaut à la consommation d’une ampoule de 25 W pendant une heure et multiplier le nombre de destinataires par dix, multiplie par quatre l’impact, selon l’Ademe.

Préférez donc les liens hypertexte, ou compressez les pièces jointes et supprimez-les lorsqu’elles s’ajoutent automatiquement à votre mail de réponse ou transfert. Privilégiez également des mails au format texte. Ils pèsent en moyenne 12 fois moins que les mails en format HTML. Au niveau mondial le passage des mails de l’HTML au format texte permettrait d’économiser 8 millions de téraoctets par an. Le format HTML est ce qui permet la mise en forme d’un mail pour le rendre plus attrayant : le gras, le surlignage, l’insertion d’une image…

Sélectionnez vos destinataires : fini le « répondre à tous » lorsque ce n’est pas nécessaire. Enfin, désabonnez-vous des newsletters que vous ne lisez plus et supprimez vos mails inutiles et spam. Cela prend deux heures la première fois, puis moins d’une minute lorsque c’est fait quotidiennement.

Désactivez votre box et le Wi-fi

Afin de réaliser des économies d’énergie, il est souvent conseillé de débrancher les appareils électroniques car ces derniers consomment, même en veille. Cela vaut également pour la box Internet. D’après le magazine de l’efficacité énergétique en France, une box consomme entre 143 et 263 kWh, dont plus de la moitié en mode veille. Soit la même consommation qu’un réfrigérateur. « Evidemment, le fait d’éteindre et de rallumer est contraignant. Cependant, compte tenu de la consommation et des modes de veille peu économes, l’économie qui peut-être réalisée n’est pas négligeable », écrit Bela Loto Hiffler dans son livre. L’experte recommande donc de l’éteindre pendant les vacances mais aussi en partant au bureau et la nuit.

« En désactivant le Wi-fi, vous pouvez diminuer la consommation d’énergie de votre boîtier réseau de 20 % en moyenne ». Certaines box ont un bouton, sinon il suffit de se rendre sur son compte dans la partie « gestion de mes services Internet ».