Facebook reconnaît avoir écouté des conversations de certains utilisateurs

POLEMIQUE Facebook, qui a payé des centaines de sous-traitants, affirme avoir « gelé la pratique » la semaine dernière

20 Minutes avec agences

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Mark Zuckerberg, le patron de Facebook, le 24 mai 2018 à Paris.
Mark Zuckerberg, le patron de Facebook, le 24 mai 2018 à Paris. — VIVA TECH-JOLY/VIVA TECHNOLOGY/SIPA

Apple, Google, Amazon… Et maintenant Facebook. Le réseau social a payé des centaines de sous-traitants pour transcrire des extraits sonores de conversations de certains usagers, révèle ce mardi l’agence Bloomberg. Pourtant, l’entreprise fondée par Mark Zuckerberg a longtemps nié agir de la sorte.

Ainsi, dans un communiqué transmis à l’agence financière, Facebook reconnaît avoir fait transcrire des enregistrements sonores de conversations mais affirme avoir mis fin à cette pratique. « Tout comme Apple ou Google, nous avons gelé la pratique de faire écouter les enregistrements sonores par des humains la semaine dernière », explique le réseau social.

Via l'application Messenger

Facebook explique avoir eu l’autorisation par des usagers de son application Messenger de procéder à la transcription de leur conversation. Les sous-traitants vérifiaient si l’intelligence artificielle du réseau interprétait correctement les messages qui avaient été rendus anonymes.

Selon Bloomberg, les employés qui sont chargés de la transcription s’inquiètent des implications éthiques de leur travail. Ils sont ni informés de l’origine des enregistrements des conversations, ni de l’usage qu’en fait ensuite Facebook.

Facebook a longtemps nié

Facebook a longtemps nié utiliser des enregistrements audio pour pouvoir mieux cibler ses publicités ou rendre ses pages plus attractives. Mark Zuckerberg avait rejeté l’idée même lors d’une audition devant le Congrès en avril 2018, parlant « d’une théorie du complot ». Le réseau social vient par ailleurs de payer une amende record de 5 milliards de dollars aux Etats-Unis pour un mauvais usage des données privées de ses utilisateurs.

Amazon, Apple et Google, qui vendent tous des assistants vocaux, ont déjà reconnu avoir mis en place des pratiques similaires pour améliorer les réponses de leurs applications. Apple et Google ont indiqué avoir abandonné le procédé ces dernières semaines. De son côté, Amazon donne le choix aux usagers de bloquer l’utilisation de leurs échanges avec Alexa, l’intelligence artificielle insérée dans l’enceinte connectée Echo.