Instagram n'écoute pas vos conversations pour cibler ses pubs, assure son patron

WEB Mais Google et Facebook ont de nombreux moyens pour suivre nos activités en ligne

P.B. avec AFP

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Des exemples de publicités sur Instagram.
Des exemples de publicités sur Instagram. — INSTAGRAM

Vous discutez avec un ami et mentionnez que vous avez besoin d’un nouveau PC. Le lendemain, BIM, une pub pour Dell ou HP apparaît dans votre flux Instagram. Sorcellerie ? Non. Il s’agit soit d’un simple hasard, soit du résultat d’une interaction (like récent ou recherche sur un site Web). Mais le patron d’Instagram, Adam Mosseri, l’a juré dans une interview à CBS diffusée mardi : « Nous ne regardons pas vos messages, nous n’écoutons pas dans votre microphone » pour cibler de la publicité. « Mais j’ai conscience que vous aurez du mal à me croire", a-t-il ajouté face à la journaliste incrédule.

Cette théorie du complot revient régulièrement. Mais si Google ou Facebook n’espionnent pas directement le microphone de nos smartphones, ils peuvent toutefois jouer à Big Brother grâce aux cookies qui permettent de suivre les internautes à la trace, ou aux divers services « se connecter via Facebook/Google/Twitter ». Il y a également l’outil Facebook Pixel, qui permet à l’entreprise de savoir où on a cliqué, quel objet a été ajouté au panier etc.

Ce n’est pas tout. Sur Instagram, si une personne suit de nombreux comptes de food bloggers et de restaurants, elle sera plus susceptible de voir une publicité pour un service de livraison de repas. En revanche, écouter à leur insu les utilisateurs via le microphone « serait extrêmement problématique pour plein de raisons différentes », a insisté Mosseri. Cela arrive parfois : 250 applis Android ont ainsi été épinglées l’an dernier pour avoir utilisé le microphone afin de savoir ce que les utilisateurs regardaient à la télévision.

La question des « deepfakes » en cours d’examen

Le dirigeant a aussi évoqué lors de cette interview le sujet des vidéos au trucage hyper-réaliste qui permettent par exemple de faire dire à des personnalités des propos qu’elles n’ont jamais tenus, les « deepfake ».

Mi-juin, c’est le PDG de Facebook lui-même Mark Zuckerberg qui a été victime d’une « deepfake », publiée par des artistes sur… Instagram, qui avait décidé de la laisser en place car elle n’enfreignait pas ses règles. « Nous n’avons pas de politique contre les deepfakes actuellement. Nous sommes en train d’évaluer si nous en voulons une et si oui, comment on pourrait les définir », confirme le dirigeant, qui a pris la tête d’Instagram l’an dernier après le départ brutal de ses cofondateurs.