Le projet de loi contre la haine en ligne vient jeter une ombre entre l'exécutif français et Facebook

RESEAUX SOCIAUX La loi obligera Facebook à trier entre ce qui est légal et ce qui ne l’est pas, ce que le géant américain ne veut pas faire, affirment en privé les représentants du groupe américain

H. B. avec AFP

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Emmanuel Macron et Mark Zuckerberg, le patron de Facebook, lors d'une rencontre à l'Elysée le 23 mai 2018.
Emmanuel Macron et Mark Zuckerberg, le patron de Facebook, lors d'une rencontre à l'Elysée le 23 mai 2018. — Christophe Petit Tesson/AP/SIPA

La proposition de loi Avia sur la répression sur les contenus haineux en discussion à l’Assemblée vient jeter une nouvelle ombre sur les relations entre l’exécutif français et Facebook, selon des sources concordantes. Selon des sources concordantes, la proposition de loi déposée par la députée LREM Laetitia Avia suscite au siège du géant américain une hostilité qui ne se dément pas.

Facebook s’oppose à la mesure phare de la proposition de loi, qui impose aux plateformes de retirer en moins de 24 heures les contenus constitutifs d’une série d’infractions (incitation à la haine, injures à caractère raciste ou religieuses, mais aussi proxénétisme, harcèlement, apologie du terrorisme…).

« Une privatisation de la liberté d’expression »

La mesure, affirment en privé les représentants du groupe américain, oblige Facebook à trier entre ce qui est légal et ce qui ne l’est pas, ce que le géant américain ne veut pas faire. Facebook ne veut pas prendre « seul » et « dans un délai contraint » ce genre de décision, explique l’un de ces représentants, affirmant que cela s’apparente à « une privatisation de la liberté d’expression ».

Le géant américain accepte une obligation de retirer ces contenus sous 24 heures, mais seulement s’ils sont signalés par une autorité publique dûment reconnue, explique-t-on de même source.

De bonnes relations avec la France

Emmanuel Macron et Mark Zuckerberg, le président de Facebook, avaient affiché à plusieurs reprises leur volonté de coopérer pour une meilleure régulation d’Internet​, le président de la République ayant reçu plusieurs fois le patron américain à l’Elysée.

Mark Zuckerberg s’est d’ailleurs publiquement félicité de sa relation avec les pouvoirs publics français, notamment de l’expérience qui a permis à un groupe de fonctionnaires français d’entrer chez Facebook pour étudier la manière dont le réseau social modère ses contenus.