LinkedIn: Des espions auraient infiltré le réseau social avec un profil créé par une intelligence artificielle

ESPIONNAGE « Katie Jones » n’existe pas, et la personne qui apparaît sur sa photo de profil LinkedIn non plus

20 Minutes avec agence

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De faux profils auraient été créés sur LinkedIn (illustration)
De faux profils auraient été créés sur LinkedIn (illustration) — Denis Closon/ISOPIX/SIPA

Des espions auraient généré un faux profil sur LinkedIn grâce à une intelligence artificielle (IA) afin d’entrer en contact avec de hauts responsables américains. Cette méthode est d’autant plus originale que l’identité de « Katie Jones » n’est pas le seul élément créé de toutes pièces.

La photo de la jeune femme avec laquelle 52 personnes ont accepté d’être connectés sur le réseau social est elle aussi le produit d’un algorithme, a révélé une enquête d’Associated Press publiée jeudi. Sur le profil, elle se présente comme chercheuse sur la Russie et l’Eurasie au Centre d’études stratégiques et internationales.

Des hauts responsables américains

Parmi les dignitaires tombés dans le panneau, on trouve l’assistant d’un sénateur américain et un sous-secrétaire d’État adjoint. Mais aussi l’économiste Paul Winfree, un ancien conseiller de Donald Trump qui pourrait prochainement siéger à la réserve fédérale des Etats-Unis. « J’accepte absolument toutes les demandes d’amis que je reçois », a commenté l’intéresse après avoir confirmé sa connexion avec « Katie Jones ».

« Ça ressemble fortement à une opération d’Etat », estime Jonas Parello-Plesner, responsable du groupe de réflexion Fondation de l’alliance des Démocraties. Il explique qu’une fois la connexion établie, la personne derrière le faux profil peut entamer une conversation avec sa cible.

LinkedIn déjà ciblé

« Plutôt que d’envoyer vos espions dans un parking aux Etats-Unis pour recruter une cible, c’est plus efficace de se mettre derrière un ordinateur à Shanghai et d’envoyer des demandes d’amis à 30.000 cibles », analyse William Evanina, directeur du Centre National de Contre-espionnage et de Sécurité.

Si l’utilisation d’une photo fabriquée par une IA pour tenter d’obtenir des informations constitue une nouvelle méthode, le recours à LinkedIn n’est pas inédit, rappelle Slate. En 2018, 1.700 fonctionnaires français avaient ainsi été contactés par de faux chasseurs de têtes ou consultants dont les profils avaient en fait été créés par des espions chinois.