Espionnage: La Chine se serait servie de LinkedIn pour obtenir des informations confidentielles en France

RÉSEAUX SOCIAUX Les services de renseignement français évoquent « une menace inédite sur nos intérêts nationaux » et appellent à la prudence…

20 Minutes avec agence

— 

Le logo de LinkedIn sur mobile.
Le logo de LinkedIn sur mobile. — Denis Closon/ISOPIX/SIPA

Un vaste programme d’espionnage chinois inquiète la France. Dans une note de la DGSI et la DGSE que s’est procurée Le Figaro, les renseignements français évoquent une opération d’envergure « redoutablement efficace » lancée par Pékin ces dernières années pour obtenir des informations confidentielles de la part d’employés et cadres du service public.

Il est notamment question de tentatives d’infiltration via les réseaux sociaux professionnels comme LinkedIn. Ainsi, plusieurs milliers de cadres de la fonction publique et de collaborateurs auraient été approchés grâce à des « avatars numériques ». Parmi eux, 1.700 employés de l’Etat.

Une « menace inédite »

Ces « avatars » se font passer pour des « chasseurs de têtes » ou des « consultants ». Ils proposent ensuite des « opportunités de collaboration généreusement rémunérées ». L’employé est ensuite invité à l’étranger pour « participer à un séminaire, donner des conférences, ou rencontrer un client potentiel ». De retour en France, la victime est alors soumise à diverses demandes, comme des rapports d’analyse.

L’objectif est de lui faire dévoiler certaines informations confidentielles. « Plusieurs centaines de cibles » seraient entrées dans un processus de compromission « assez abouti », selon la DGSI et DGSE. L’opération constitue « une menace inédite sur nos intérêts nationaux », déclare la note. « Depuis juin 2017, nous avons changé de paradigme. Nous allons répondre aux agressions, coup pour coup, quelles qu’en soient les conséquences ».