Propagande russe: Facebook supprime 364 pages liées à l'agence Sputnik

WEB L'entreprise poursuit son grand ménage, y compris sur Instagram...

P.B. avec AFP

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Le patron de Facebook Mark Zuckerberg, lors de son audition au Congrès américain, le 11 avril 2018.
Le patron de Facebook Mark Zuckerberg, lors de son audition au Congrès américain, le 11 avril 2018. — CHINE NOUVELLE/SIPA

Un grand nettoyage de printemps avant l'heure. Facebook a annoncé jeudi avoir supprimé des centaines de «pages, groupes ou comptes» basés en Russie, leur reprochant un «comportement fictif». 364 pages sont liées à des employés de Sputnik, l'agence de presse officielle lancée par le gouvernement russe en 2014, a indiqué dans un post de blog Nathaniel Gleicher, à la tête de la cybersécurité du premier réseau social du monde. Une cinquantaine de comptes Instagram ont également été désactivés.

Facebook a repéré deux opérations originaires de Russie, l'une active dans une «variété de pays» tandis que l'autre se concentrait sur l'Ukraine. «Nous n'avons pas trouvé de lien entre ces opérations mais elles ont utilisé des tactiques similaires en créant des réseaux de comptes pour induire les autres en erreur à propos de leur identité et de ce qu'ils faisaient», a précisé Gleicher.

Sputnik dans le viseur

«Malgré leurs efforts pour dissimuler leur identité, nous avons découvert que ces pages (364) étaient liées à des employés de Sputnik, l'agence de presse basée à Moscou, et qu'elles postaient souvent sur des positions anti-Otan et des mouvements de protestation», écrit le responsable. Sputnik, qualifié «d'organe de propagande» par Emmanuel Macron, a réagi, dénonçant une «décision sans aucun doute purement politique et relevant dans les faits de la censure».

Le réseau social est empêtré depuis près de deux ans dans les scandales, accusé notamment d'avoir laissé les données personnelles de dizaines de millions d'usagers arriver –à leur insu– entre les mains de Cambridge Analytica (CA), firme britannique d'analyse de données qui a travaillé pour Donald Trump lors de la campagne présidentielle de 2016.