VIDEO. Scandale Facebook: Cambridge Analytica a-t-elle vraiment supprimé toutes les données des utilisateurs?

DATA Un site britannique affirme avoir récupéré une copie des données personnelles de 136.000 utilisateurs…

L.Br.

— 

Le siège de Cambridge Analytica, à Londres.
Le siège de Cambridge Analytica, à Londres. — Shutterstock/SIPA

Cambridge Analytica aurait-elle conservé une copie des données personnelles des utilisateurs de Facebook ? C’est ce qu’affirme le site britannique Channel 4. Le média déclare avoir pu se procurer une copie de ce jeu de données, alors que l’entreprise assurait avoir supprimé toutes ces informations.

Le 17 mars, plusieurs médias ont révélé que la société Cambridge Analytica aurait utilisé les données de 50 millions d’utilisateurs de Facebook pour influer sur la campagne politique de Donald Trump.

Après que le scandale a éclaté, l’entreprise a déclaré avoir supprimé toutes ces données. Le site Channel 4 révèle pourtant qu’une source interne lui a donné accès à une partie des données personnelles des utilisateurs concernés par l’affaire.

>> A lire aussi : VIDEO. Scandale Facebook. Qui est Christopher Wylie, le lanceur d'alerte de Cambridge Analytica?

Au total, le site a récolté 136.000 profils d’utilisateurs du Colorado (Etats-Unis), des informations sur leur personnalité et sur leur profil psychologique. D’après Channel 4, ces données récoltées en 2014 auraient bien servi à influencer la campagne politique américaine, ciblant tous les profils les plus susceptibles d’y être réceptifs.

Des données qui circulent sur des messageries non-professionnelles

Ces copies d’autant plus dangereuses qu’elles circulent par le biais de « messageries génériques et non-professionnelles hors des serveurs de l’entreprise et de sa société-mère, SCL », affirme Channel 4, ce qui les rend accessible à beaucoup de monde. « Si nous [Channel 4 News] pouvons en obtenir une copie, les utilisateurs seraient naïfs de penser que quelqu’un d’autre ne peut pas », déplore la chaîne.

Facebook avait pourtant déclaré avoir pris des mesures pour s’assurer que toute information en rapport avec ces données avait été effacée.

L’image du réseau social a été très écornée par ce scandale. L’affaire a déjà fait partir en fumée des dizaines de milliards de dollars de capitalisation boursière au groupe. Son patron Mark Zuckerberg s’est offert une pleine page de publicité ce dimanche dans la presse britannique et américaine pour présenter de nouveau des excuses.