#NoNutNovember: Ne pas se masturber pendant un mois, la «petite cure de jeûne» qui fait du bien

SEXUALITE Derrière son étiquette « jeu con », le défi internet «No Nut November», qui consiste à ne pas éjaculer pendant un mois, peut être bénéfique…

Marie de Fournas

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Le défi NoNutNovember consiste à ne pas se masturber pendant le mois de novembre entier
Le défi NoNutNovember consiste à ne pas se masturber pendant le mois de novembre entier — Montage 20 Minutes

Pour la seconde année consécutive, des internautes vont tenter de relever un défi assez particulier au mois de novembre. Pendant que certains se laissent pousser la moustache pour sensibiliser aux maladies masculines avec le Movember, d’autres se retiennent (sans raison) d’éjaculer. C’est la règle de ce challenge baptisé «  No nut November » : il est interdit de se masturber ou d’avoir un rapport sexuel (avec une éjaculation à la clef) durant le mois de novembre. Aucune lutte ou revendication ne se cache derrière cette abstinence automnale, lancée sur le forum Reddit et largement diffusée sur Twitter. Au-delà du jeu, un arrêt si brutal peut-il avoir des conséquences sur la santé ?

« Il n’existe aucune étude qui montre que cela soit mauvais, assure à 20 Minutes Stéphane Droupy, urologue et responsable du conseil scientifique de l' Association française d'urologie. Il n’y a pas de risque non plus à reprendre d’un coup une activité sexuelle en décembre ». Aucune contre-indication donc, vous pouvez vous frustrer sans crainte.

Allons même plus loin : s’empêcher d’éjaculer serait bon pour la santé. « C’est comme une petite cure de jeûne, une période de repos pour cet organe. Lorsqu’il reprendra ensuite, l’éjaculation ne sera que plus puissante », explique à 20 Minutes l’urologue Patrick Constancis.

Plus on se retient, plus c’est jouissif

Des bienfaits sur le plan physique, mais aussi psychologique. « Retenir son éjaculation est très stimulant, poursuit le docteur. On fait monter le désir tout en gardant son énergie. Cela permet aussi de cultiver le côté platonique de la sexualité. Avec sa ou son partenaire, on joue alors sur la tendresse, la préparation et le côté fantasmatique. L’orgasme est bien plus puissant ensuite. » Une montée du désir très cérébrale et forte, qu’il serait plus difficile d’atteindre dans le cas d’une hypersexualité par exemple. En résumé : plus on se retient, plus c’est jouissif.

L’urologue conseille cependant d’apprendre petit à petit à retenir son éjaculation pour que cela soit plus simple. « Il existe des techniques qu’un sexothérapeute peut dispenser. Ces exercices permettent, au moment où l’on sent que l’on va éjaculer, de contracter les muscles du périnée. Cela va écraser la prostate et bloquer l’éjaculation. »

Plus c’est long, plus c’est bon ?

Le spécialiste recommande de ne pas s’en tenir seulement au mois de novembre, mais de renouveler l’expérience. Attention cependant à l’excès de zèle. Après un ou deux ans d’abstinence, il est possible de rencontrer des difficultés érectiles lors de la reprise d’une activité sexuelle.