Journée de l'homme: 5 techniques pour vaincre l’éjaculation précoce

Sexualité Stop and go, psychologie, rapports moins vigoureux peuvent aider un homme dans l’intimité…

Romain Scotto

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Ben Stiller, lors d'une scène culte du film Mary A Tout Prix.
Ben Stiller, lors d'une scène culte du film Mary A Tout Prix. — Capture d'écran/20Minutes.fr

Sous la couette, un Français sur cinq* juge la durée des rapports sexuels insuffisante. La notion d'éjaculation précoce vaut pour les pénétrations inférieures à une minute, quand cela est mal vécu par le patient. A l'occasion de la journée internationale de l'homme, mercredi 19 novembre, le docteur Gilbert Bou Jaoudé évoque quelques pistes pour aider les insatisfaits à vaincre ce qui n'est pas une anomalie, mais un simple réflexe.

1. Repenser le rapport sexuel. Dans le cas d’une sensibilité excessive, il peut être judicieux de modifier le déroulement de l’acte. «Eviter les mouvements qui entraînent un frottement trop important sur le pénis. Cela conduit à des attitudes plus sensuelles que physiques et permet de ne pas trop faire monter l’excitation», conseille le sexologue. L’idée est de transformer l’acte sexuel en un moment plus ludique, libre, moins axé sur la performance. A chacun de trouver la position idéale. L’éjaculation en deux coups, bien connue de Ben Stiller dans Marie à Tout Prix, est parfois conseillée par les sexologues. Mais encore faut-il assurer une deuxième fois après avoir vidé son «fusil chargé» (dixit le film). Au-delà de 35 ans, c’est plus compliqué.

2. Décontracter ses muscles. En matière de sexualité masculine, la verge ne fait pas tout. Les muscles du périnée, du pelvis, voire les abdominaux jouent aussi un rôle essentiel. La technique du «stop-and-go» est à la base de l’entraînement. Quand l'excitation monte et que l'homme ressent l'imminence de l'éjaculation, il doit stopper tout mouvement de va-et-vient. La respiration abdominale, sans gonfler la poitrine, est aussi recommandée. Idem pour les exercices de contraction du pénis (sans les mains), en érection ou non. Vous faites parfois l’hélicoptère? Eh bien, n’ayez pas honte.

3. Maîtriser ses émotions. Parfois l’éjaculation précoce n’est que le «symptôme» de l'émotivité d'un patient. «La personne a du mal à gérer ses émotions de façon plus générale. Elle est plus angoissée.» Un travail psychologique est alors nécessaire pour apprendre à les gérer. Cela fait partie du champ de compétence du sexologue, mais il peut être accompagné par un psychologue. Bien souvent la prise de conscience de cette émotivité permet de résoudre le problème. Quant à la technique de la belle-mère qui consiste à penser à quelque chose de moins excitant, elle est déconseillée par les spécialistes malgré son efficacité immédiate.

4. Faire appel au médicament. L’intérêt d’une telle méthode repose dans la rapidité des effets. «On allonge tout de suite la durée de l’éjaculation. Dès les premières prises.» Dans un second temps, le travail physique de relâchement des muscles, de maîtrise des émotions peut être abordé plus sereinement. A ce jour, seul le Priligy possède l’autorisation de mise sur le marché. D’autres médicaments sont utilisés mais sont détournés de leur utilisation d’origine (antistress, antidouleurs, etc.) D’autres médicaments peuvent être prescrits quand l’éjaculation précoce est la conséquence d’une pathologie: infection, inflammation des urines, perturbation hormonale.

5. Soigner son couple. La [ou le] partenaire n’est pas toujours étrangère au problème de Monsieur. «Quand Madame met involontairement la pression par exemple. Si ça se trouve, c’est elle qui a du mal à faire monter son plaisir, donc ce n’est pas une éjaculation rapide.» L’éjaculation précoce peut-être la conséquence d’un problème de couple plus profond. L’homme a l’impression que sa partenaire n’a pas envie de faire l’amour en raison de son problème d’éjaculation. Alors que le refus est motivé par d’autres raisons.

* Selon l'association pour le développement de l'information et de la recherche sur la sexualité.