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Arbitrage Tapie: Près de 120.000 signatures pour réclamer un nouveau procès pour Christine Lagarde
JUSTICE•La condamnation de la présidente du FMI lundi avec dispense de peine a du mal à passer...A.B.
Un sentiment de « justice à double vitesse ». Deux jours après la condamnation avec dispense de peine de Christine Lagarde par la Cour de Justice de la République, l’absence de sanction à l’égard de l’ex-ministre de l’Economie française a du mal à passer dans l’opinion publique.
Condamnée pour « négligence coupable » par la juridiction chargée de ne juger que les membres du gouvernement, Christine Lagarde, actuelle présidente du Fonds monétaire international (FMI) ne devra toutefois purger aucune peine. Ni prison avec sursis, ni amende. Rien. Une décision peu goûtée par des milliers d’internautes, qui n’ont pas caché leur mécontentement. A tel point qu’une pétition a été lancée sur le site Change.org pour réclamer « un vrai procès pour Christine Lagarde ». Une initiative qui à ce jour a déjà recueilli plus de 120.000 signatures.
En prison pour avoir volé des pâtes
A l’appui de sa démonstration selon laquelle la justice n’est pas la même selon que l’on est puissant ou pas, Julien Cristofoli, l’auteur de la pétition, rappelle le cas d’un jeune homme, « un sans domicile fixe de 18 ans, qui s’était introduit dans une maison de Figeac pour y voler du riz et des pâtes » par nécessité, et qui avait été condamné à deux mois de prison ferme par le tribunal correctionnel de Cahors en mai dernier.
« Quelle honte pour notre démocratie ! », s’est indigné l’auteur du texte, avant de citer un extrait d’une fable de Jean de la Fontaine,Les animaux malades de la peste : « Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir ? ».
Indignation sur les réseaux sociaux
Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes ont partagé la même indignation.
aaaAux yeux de certains, cette décision passe d’autant plus mal que Christine Lagarde tient aujourd’hui les cordons de la bourse du FMI, qui lui a renouvelé sa confiance malgré sa condamnation.
Un sentiment partagé jusque dans les hautes sphères du pouvoir, alors que l’ex-Premier ministre et candidat à la primaire de la gauche, Manuel Valls, a déclaré ce mercredi au micro d’Europe 1 que le jugement rendu à l’encontre de Christine Lagarde par la Cour de Justice de la République « donne le sentiment d’une justice à double vitesse ». Avant de proposer la suppression de cette juridiction spéciale (une promesse que le président Hollande n’a pas pu tenir).
Lundi, François Bayrou reprenait lui aussi l’extrait de La Fontaine, après avoir parlé la veille de « scandale d’Etat » et d'« escroquerie en bande organisée » pour qualifier l’arbitrage Tapie.



















