La décision de la Cour de justice concernant Christine Lagarde passe mal

REACTION La Cour de justice de la République a condamné Christine Lagarde mais l’a dispensée de peine…

A.-L.B. avec AFP

— 

Christine Lagarde, la directrice du FMI, le 13 juillet 2015.
Christine Lagarde, la directrice du FMI, le 13 juillet 2015. — Geert Vanden Wijngaert/AP/SIPA

La décision de la Cour de justice de la République (CJR), qui a condamné Christine Lagarde mais l’a dispensée de peine dans l’arbitrage Tapie, ne passe toujours pas auprès de certains élus.

« Nous ne commentons pas les décisions de justice », mais « elle peut paraître surprenante », a affirmé le député Michel Issindou au cours d’une conférence de presse après la réunion hebdomadaire du groupe socialiste écologiste et républicain (SER). « Je crois que les Français sont assez surpris de voir qu’on peut être coupable sans condamnation, mais, encore une fois, je ne commenterai pas une décision de justice. »

La CJR « à faire disparaître »

« Dispense de peine : privilège offert par la Cour de Justice aux ministres déclarés coupables. A faire disparaître », a aussi commenté sur Twitter, l’ancien ministre de l’Economie Arnaud Montebourg, candidat à la primaire PS.

Le sénateur PS Didier Guillaume, directeur de campagne de Manuel Valls, a estimé sur RTL que « si [ Christine Lagarde] était coupable elle devait être punie, si elle n’est pas coupable elle ne doit pas être punie. Je pense que ce jugement est un peu mi-chèvre mi-chou (…) je comprends bien par rapport au FMI… ça doit quand même nous poser la question de ce qu’est la Cour de Justice de la République. »

« Sentiment de deux poids, deux mesures »

Surprise également pour Eric Woerth, député LR et chargé du projet présidentiel de François Fillon. Sur RFI, le député LR a jugé : « Je n’ai pas à commenter une décision de justice, c’est vrai qu’elle est assez surprenante (…) la question que pose cette décision c’est au fond l’immixtion de la justice dans l’opportunité de la décision politique (…) c’est une question qui peut aller très loin dans la réduction de la capacité des politiques à prendre des décisions. »

Jean-Luc Mélenchon, candidat de la France insoumise à la présidentielle, a, quant à lui, estimé sur France inter : « Je pense que les Français vont très mal réagir parce qu’une négligence qui coûte 400 millions, c’est tout de même une négligence dont on ne permet pas le millième ou le milliardième au Français qui a un compte en banque, qui par négligence dépasse le rouge habituel. Donc va se développer parmi les Français le sentiment de deux poids, deux mesures, et savez-vous, ils ont raison. »